Exercices macroéconomie td4 transition ecologique analyse pr
Télécharger PDFTD5 : Macroéconomie de la transition écologique
1) Pourquoi la production potentielle de l’économie risque-t-elle de se réduire au cours de la transition économique ?
La transition écologique entraînera une obsolescence accélérée d’une partie du stock de capital existant, physique ou immatériel, comme les compétences des salariés ou les brevets des secteurs intensifs en carbone. Cette obsolescence résulte des changements législatifs qui rendront ce capital soit légalement inutilisable, soit non rentable.
Pour retrouver le niveau initial de production, il faudra que les investissements permettent de reconstituer progressivement ce capital, ce qui ne sera pas immédiat. Par ailleurs, le taux de chômage structurel pourrait augmenter, car la réallocation des travailleurs des secteurs polluants vers des métiers plus écologiques ne sera pas parfaite. Certains pourraient mettre du temps à retrouver un emploi ou ne jamais en retrouver un, réduisant ainsi la capacité de production tant que ce chômage persiste.
2) Qu’est-ce que le techno-optimisme dont se revendique l’auteur ? À quelle vision alternative s’oppose-t-il ?
Le techno-optimisme est une vision selon laquelle il est possible d’atteindre la neutralité carbone d’ici 30 ans sans abaisser le revenu réel ni le niveau de vie. Cette conviction repose sur l’idée que les innovations technologiques permettront de décarboner l’économie sans réduire durablement le bien-être matériel.
Cependant, cette approche accepte une détérioration temporaire du bien-être au cours de la transition. Elle s’oppose au techno-pessimisme, qui estime que la préservation de l’environnement nécessitera une baisse du bien-être matériel moyen des individus.
3) Rappelez ce qu’est une externalité négative.
Une externalité négative survient lorsqu’un agent économique prend une décision en comparant uniquement les bénéfices et les coûts privés de son action. Si le coût social (supporté par d’autres agents) dépasse le coût privé, l’agent engage l’action alors que son coût total est supérieur à son rendement.
4) Pourquoi le « choc de décarbonation » à venir devrait-il être moins nuisible à l’économie que « le choc pétrolier » des années 1970 ?
Le choc de décarbonation pourrait avoir un impact moins négatif sur le PIB que le choc pétrolier des années 1970, car l’augmentation du prix du carbone devrait être moins brutale et généralisée que celle du pétrole à l’époque.
Contrairement au choc pétrolier, qui a redistribué le revenu mondial des pays importateurs (fortement consommateurs) vers les exportateurs (peu consommateurs), une taxation du carbone transfère les recettes des agents privés vers les États. Ceux-ci les réinvestiront, ce qui limite la baisse de la demande.
De plus, les efforts contre les émissions de gaz à effet de serre pourraient stimuler des progrès technologiques, réduisant les coûts futurs de la décarbonation. Ainsi, chaque tonne de CO₂ évitée entraînera un surcoût moindre, atténuant la baisse du revenu réel nécessaire pour atteindre les objectifs environnementaux.
5) Quel est le lien entre investissement, consommation et décarbonation ?
Pour remplacer ou adapter le capital productif à forte teneur en carbone, les investissements doivent augmenter au niveau macroéconomique. Le taux d’investissement devra être supérieur d’au moins 2 points de pourcentage du PIB à son niveau actuel.
À court terme, cela implique de détourner des ressources et des dépenses destinées à améliorer le bien-être immédiat vers des investissements visant à le maintenir à long terme. Ce rééquilibrage peut être mal perçu par les ménages, surtout si la transition s’accompagne d’une croissance lente du PIB, entraînant un stagnation de leur niveau de vie.
6) Qu’est-ce que le « double dividende » ? Pourquoi les économistes n’y croient plus vraiment ?
La thèse du double dividende affirmait qu’une fiscalité écologique (taxation des émissions de gaz à effet de serre) aurait deux avantages : atteindre les objectifs environnementaux et générer des recettes pour l’État, permettant de réduire d’autres prélèvements obligatoires.
Cependant, cette vision suppose que les prélèvements réduits soient ceux qui créent des distorsions économiques (comme les taxes sur le travail). Or, la fiscalité écologique est régressive : elle pèse plus lourdement sur les ménages modestes que sur les plus aisés.
Les recettes supplémentaires devront donc être redistribuées, limitant la possibilité de diminuer d’autres prélèvements obligatoires. C’est pourquoi les économistes remettent aujourd’hui en cause cette théorie.
7) Transition écologique et dette publique.
D’un côté, une partie des recettes publiques issues de la taxation du carbone devra être redistribuée aux ménages. De l’autre, les dépenses publiques augmenteront, notamment pour développer de nouvelles infrastructures, financer des recherches et subventions, et aider les entreprises à évoluer vers des modèles plus écologiques.
Du point de vue de l’équité intergénérationnelle, il n’est pas forcément irrationnel de faire supporter aux générations futures une partie des coûts de la transition écologique, car elles en bénéficieront sous forme d’un climat préservé.
8) Qu’est-ce que le « capital brun » ? Qu’est-ce qu’un « actif échoué » ?
Le « capital brun » désigne les actifs physiques ou immatériels liés aux secteurs intensifs en carbone, dont la valeur diminue en raison des politiques de décarbonation.
Un « actif échoué » est un actif dont la valeur devient nulle ou quasi nulle en raison de l’obsolescence accélérée due aux transitions économiques ou environnementales, notamment à cause des réglementations restrictives.
9) Pourquoi est-il difficile d’évaluer la valeur totale des actifs échoués ?
L’évaluation de la valeur des actifs échoués est complexe car elle dépend de nombreux facteurs incertains, comme l’ampleur et la rapidité des politiques de décarbonation, les progrès technologiques futurs, ou encore les adaptations des entreprises et des ménages.
FAQ
Quels sont les principaux risques économiques liés à la transition écologique ?
Les principaux risques incluent une réduction temporaire de la production potentielle, une hausse du chômage structurel due à la réallocation des travailleurs, et un ralentissement de la croissance du PIB pendant la transition.
Comment la fiscalité écologique peut-elle impacter les ménages modestes ?
Elle est souvent régressive, ce qui signifie que les ménages à faible revenu supporteront une charge financière plus lourde proportionnellement à leurs revenus qu’à ceux plus aisés.
Quelle est la différence entre techno-optimisme et techno-pessimisme ?
Le techno-optimisme croit que la neutralité carbone peut être atteinte sans réduire le bien-être matériel, grâce aux innovations. Le techno-pessimisme estime que cela nécessitera une baisse durable du niveau de vie.