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1) Quelle conséquence a été mise en lumière par Phillips en 1958 ? Comment Samuelson et Solow ont-ils transformé cette découverte ?
En 1958, Phillips a révélé une relation négative entre le taux de croissance des salaires nominaux et le niveau de chômage. Samuelson et Solow ont ensuite construit à partir de cette observation la courbe de Phillips, qui décrit la relation négative entre le taux d’inflation des prix et le taux de chômage.
2) En quoi la courbe de Phillips est-elle contraire à l’objectif « d’emploi maximal » qui semblait faire consensus après la seconde guerre mondiale ?
Selon la courbe de Phillips, le plein-emploi – où tous les individus en âge de travailler et souhaitant le faire occupent un emploi – est impossible à atteindre. En effet, une telle situation entraînerait une inflation trop élevée.
3) Pourquoi la courbe de Phillips est-elle un élément de « synthèse » entre la macroéconomie keynésienne et la macroéconomie classique ?
À court terme, la courbe de Phillips montre que l’économie est contrainte par des rigidités nominales (les salaires et les prix s’ajustent lentement), ce qui empêche son retour au plein-emploi en cas de choc. Cela correspond à l’analyse keynésienne. À long terme, les prix et les salaires s’ajustent, permettant à l’économie de revenir à son niveau de production potentielle, déterminé par des facteurs d’offre (heures de travail disponibles, productivité, etc.). Cette dynamique rejoint la théorie classique.
4) Qu’est-ce que le NAIRU ? Comment détermine-t-on le NAIRU ? Est-ce un indicateur fiable ?
Le NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment) désigne le taux de chômage en dessous duquel l’économie ne peut descendre sans risquer une accélération de l’inflation.
Il s’agit d’un taux de chômage structurel, influencé par les caractéristiques microéconomiques et structurelles du marché du travail, et non par la demande globale. Les politiques économiques conjoncturelles (monétaires ou budgétaires) ne peuvent réduire le chômage en dessous de ce seuil, mais seulement le ramener à son niveau structurel.
Le NAIRU n’est pas directement observable et doit être estimé par les institutions en charge de la politique économique, notamment les banques centrales. Cependant, ces estimations sont souvent révisées et parfois contredites, car le chômage peut parfois se stabiliser sous le NAIRU sans provoquer de surplus d’inflation.
5) Distinguez « taux de changes fixes » et « taux de changes flexibles »
Un taux de change est dit **fixe** lorsque la valeur de la monnaie par rapport aux autres devises est déterminée par une décision politique ou administrative et reste constante, sauf révision de cette décision.
Un taux de change est dit **flexible** lorsque la valeur de la monnaie vis-à-vis des autres devises varie en fonction de l’offre et de la demande sur le marché des changes, où s’échangent les monnaies nationales entre elles.
6) Complétez le tableau suivant et justifiez chaque case
| Régime de change | Niveau des prix des produits non échangeables | Niveau des prix des produits échangeables |
|---|---|---|
| Taux de change fixe | En hausse : une baisse du chômage augmente la demande de biens non échangeables, dont l’offre est inélastique, ce qui fait monter leurs prix. | Stable : le prix des produits échangeables est fixé sur le marché mondial, et le taux de change fixe empêche toute modification interne. |
| Taux de change flexible | En hausse : une baisse du chômage génère une hausse de la demande de produits non échangeables, dont l’offre limitée entraîne une augmentation des prix. | En baisse : bien que le prix mondial des produits échangeables reste inchangé, l’appréciation de la monnaie nationale (due à la hausse des prix non échangeables et à la réaction de la banque centrale) réduit leur coût en termes locaux. |
7) Qu’est-ce qui différencie la « courbe de Phillips traditionnelle » et la « courbe de Phillips du taux de change réel » ?
La **courbe de Phillips traditionnelle** mesure l’effet d’une variation du taux de chômage sur l’inflation totale (produits échangeables et non échangeables confondus).
La **courbe de Phillips du taux de change réel** analyse l’impact d’une variation du chômage sur l’inflation relative des biens non échangeables par rapport aux biens échangeables.
8) Quel est le mécanisme qui explique le lien entre baisse du chômage et inflation dans les deux courbes ?
Dans la **courbe de Phillips traditionnelle**, une baisse du chômage renforce le pouvoir de négociation des salariés, qui obtiennent des hausses de salaires nominaux. Ces hausses se répercutent ensuite sur les prix.
Dans la **courbe de Phillips du taux de change réel**, le lien entre baisse du chômage et inflation repose sur deux causes possibles :
- Une hausse de la demande agrégée, qui réduit le chômage tout en faisant augmenter les prix des produits non échangeables (moins élastiques) par rapport aux biens échangeables.
- Une hausse de la productivité dans le secteur exportateur, permettant d’embaucher davantage et d’augmenter les salaires. Les entreprises des produits non échangeables, confrontées à ces hausses de salaires sans gains de productivité, augmentent leurs prix.
9) Quel dilemme rencontre la politique de relance de la demande de type keynésien ?
Les politiques de relance de la demande doivent arbitrer entre deux objectifs : réduire le taux de chômage et préserver la compétitivité du secteur exportateur.
En soutenant la demande globale, ces politiques diminuent le chômage, mais elles génèrent aussi une hausse du taux de change, rendant les entreprises exportatrices moins compétitives face à leurs concurrentes étrangères.
FAQ
Pourquoi la courbe de Phillips semble-t-elle contredire le plein-emploi ?
La courbe de Phillips suggère qu’un chômage nul entraînerait une inflation excessive, ce qui rendrait le plein-emploi économiquement non viable sans contrôle des prix.
Comment le NAIRU influence-t-il les décisions des banques centrales ?
Les banques centrales utilisent le NAIRU comme référence pour ajuster leurs politiques monétaires, afin d’éviter une inflation accélérée tout en soutenant l’emploi.
Quelle est la différence entre les deux versions de la courbe de Phillips ?
La version traditionnelle étudie l’inflation globale, tandis que celle du taux de change réel se concentre sur l’inflation relative entre produits échangeables et non échangeables.