Ce document pédagogique est conçu pour les étudiants universitaires en chimie et physique, offrant une exploration approfondie de la structure atomique et des principes quantiques fondamentaux. Il couvre les notions et applications suivantes :
- La structure générale de l'atome, les définitions clés et les calculs de quantité de matière et d'énergie de cohésion.
- L'étude des isotopes et de leurs abondances.
- Le modèle quantique de Bohr appliqué aux atomes hydrogénoïdes.
- L'analyse des spectres d'émission et d'absorption.
Chimie générale : Exercices chimie s1.pdf
Télécharger PDFChapitre I : Structure de l'atome – Connaissances générales
Définitions et notions clés
- Atome
- Électron
- Proton
- Neutron
- Nucléon
- Isotope
- Élément chimique
- Nombre d’Avogadro (N)
- Constante de Planck (h)
- Constante de Rydberg (RH)
- Célérité de la lumière (c)
- Masse molaire (M)
- Mole
- Molécule
- Unité de masse atomique (u.m.a.)
- Défaut de masse
Exercice I.1 : Définition du numéro atomique
Pourquoi le numéro atomique d’un élément chimique est-il défini par le nombre de protons et non par le nombre d’électrons ?
Correction de l'Exercice I.1
Le numéro atomique d’un élément chimique est défini par le nombre de protons car ce dernier est invariable pour un élément donné. Le nombre d’électrons peut varier (formation d’ions) et le nombre de neutrons peut également varier (formation d’isotopes), modifiant ainsi la masse mais pas l'identité chimique de l'élément.
Exercice I.2 : Comparaison de quantités de fer
Lequel des échantillons suivants contient le plus de fer ?
- 0,2 moles de Fe2(SO4)3
- 20 g de fer
- 0,3 atome-gramme de fer
- 2,5 x 1023 atomes de fer
Données : MFe = 56 g.mol-1 ; MS = 32 g.mol-1 ; Nombre d’Avogadro N = 6,023 x 1023 mol-1
Correction de l'Exercice I.2
Rappel : Une mole contient N particules (atomes ou molécules).
- 0,2 moles de Fe2(SO4)3 : Chaque mole de Fe2(SO4)3 contient 2 moles d'atomes de fer. Donc, 0,2 moles de Fe2(SO4)3 correspondent à 0,2 x 2 = 0,4 moles d’atomes de fer.
- 20 g de fer : La quantité de matière n = masse / masse molaire = 20 g / 56 g.mol-1 ≈ 0,357 moles d’atomes de fer.
- 0,3 atome-gramme de fer : C'est une autre façon d'exprimer 0,3 mole d’atomes de fer.
- 2,5 x 1023 atomes de fer : La quantité de matière n = nombre d’atomes / N = (2,5 x 1023) / (6,023 x 1023) ≈ 0,415 moles d’atomes de fer.
En comparant les quantités de moles de fer : 0,4 mol, 0,357 mol, 0,3 mol, 0,415 mol. C'est l'échantillon de 2,5 x 1023 atomes de fer qui contient le plus de fer.
Exercice I.3 : Quantités dans le dihydrogène
Combien y a-t-il de moles et de molécules de dihydrogène (H2) ainsi que d'atomes d'hydrogène dans 2g de dihydrogène à température ambiante ?
Correction de l'Exercice I.3
Données : MH = 1 g.mol-1. La masse molaire du dihydrogène M(H2) = 2 x MH = 2 g.mol-1.
- Nombre de moles de molécules de H2 : n = masse / M(H2) = 2 g / 2 g.mol-1 = 1 mole de molécules de H2.
- Nombre de molécules de H2 : 1 mole x N = 1 x 6,023 x 1023 molécules de H2.
- Nombre d'atomes de H : Chaque molécule de H2 contient 2 atomes d'hydrogène. Donc, 2 x 6,023 x 1023 atomes de H.
Exercice I.4 : Quantités dans l'oxyde de cuivre
Un échantillon d’oxyde de cuivre CuO a une masse m = 1,59 g. Combien y a-t-il de moles et de molécules de CuO, et d’atomes de Cu et de O dans cet échantillon ?
Données : MCu = 63,54 g.mol-1 ; MO = 16 g.mol-1
Correction de l'Exercice I.4
Masse molaire de CuO : M(CuO) = MCu + MO = 63,54 + 16 = 79,54 g.mol-1.
- Nombre de moles de CuO : n = masse / M(CuO) = 1,59 g / 79,54 g.mol-1 ≈ 0,0200 moles.
- Nombre de molécules de CuO : n x N = 0,0200 x 6,023 x 1023 ≈ 0,12046 x 1023 molécules.
- Nombre d’atomes de Cu : Chaque molécule de CuO contient un atome de Cu. Donc, le nombre d'atomes de Cu est égal au nombre de molécules de CuO, soit 0,12046 x 1023 atomes.
- Nombre d’atomes de O : Chaque molécule de CuO contient un atome d'O. Donc, le nombre d'atomes de O est égal au nombre de molécules de CuO, soit 0,12046 x 1023 atomes.
Exercice I.5 : Quantités dans le méthane
Un échantillon de méthane CH4 a une masse m = 0,32 g. Combien y a-t-il de moles et de molécules de CH4 et d’atomes de C et de H dans cet échantillon ?
Données : MC = 12 g.mol-1
Correction de l'Exercice I.5
Données : MC = 12 g.mol-1, MH = 1 g.mol-1. La masse molaire de CH4 = MC + 4 x MH = 12 + 4 = 16 g.mol-1.
- Nombre de moles de CH4 : n = masse / M(CH4) = 0,32 g / 16 g.mol-1 = 0,02 moles.
- Nombre de molécules de CH4 : n x N = 0,02 x 6,023 x 1023 = 0,12046 x 1023 molécules.
- Nombre d’atomes de C : Chaque molécule de CH4 contient 1 atome de C. Donc, le nombre d'atomes de C est égal au nombre de molécules de CH4, soit 0,12046 x 1023 atomes.
- Nombre d’atomes de H : Chaque molécule de CH4 contient 4 atomes de H. Donc, 4 x (nombre de molécules de CH4) = 4 x 0,12046 x 1023 = 0,48184 x 1023 atomes.
Exercice I.6 : Unité de masse atomique et énergie
Les masses du proton, du neutron et de l'électron sont respectivement :
- mp = 1,6723842 x 10-24 g
- mn = 1,6746887 x 10-24 g
- me = 9,109534 x 10-28 g
- Définir l'unité de masse atomique (u.m.a.). Donner sa valeur en grammes (g) avec le même nombre de chiffres significatifs que les masses des particules du même ordre de grandeur.
- Calculer en u.m.a. et à 10-4 près, les masses du proton, du neutron et de l'électron.
- Calculer d'après la relation d'Einstein (équivalence masse-énergie), le contenu énergétique d'une u.m.a. exprimé en MeV.
Données : 1 eV = 1,6 x 10-19 Joules
Correction de l'Exercice I.6
- Définition de l’unité de masse atomique (u.m.a.) :
L’unité de masse atomique (u.m.a.) est définie comme le douzième de la masse d'un atome de l’isotope de carbone 12C (de masse molaire 12,0000 g.mol-1).
La masse d’un atome de carbone 12C est : 12,0000 g / N (où N est le nombre d’Avogadro = 6,023 x 1023 mol-1).
Par conséquent, 1 u.m.a. = (1/12) x (12,0000 / N) = 1/N ≈ 1,66030217 x 10-24 g.
- Masses en u.m.a. :
En utilisant 1 u.m.a. = 1,66030217 x 10-24 g :
- mp = 1,6723842 x 10-24 g / (1,66030217 x 10-24 g/u.m.a.) ≈ 1,007277 u.m.a.
- mn = 1,6746887 x 10-24 g / (1,66030217 x 10-24 g/u.m.a.) ≈ 1,008665 u.m.a.
- me = 9,109534 x 10-28 g / (1,66030217 x 10-24 g/u.m.a.) ≈ 0,000549 u.m.a.
- Contenu énergétique d'une u.m.a. :
D'après la relation d'Einstein, E = mc2.
Conversion de 1 u.m.a. en kg : 1 u.m.a. = 1,66030217 x 10-27 kg.
E (1 u.m.a.) = (1,66030217 x 10-27 kg) x (3 x 108 m.s-1)2 ≈ 1,49427195 x 10-10 J.
Conversion en MeV : 1 eV = 1,6 x 10-19 J, donc 1 MeV = 1,6 x 10-13 J.
E = (1,49427195 x 10-10 J) / (1,6 x 10-13 J/MeV) ≈ 933,9 MeV, arrondi à 934 MeV.
Exercice I.7 : Symbole nucléaire et isotopes
- Pour le symbole d'un élément X représenté sous la forme AZXq, que signifie précisément chacune des indications chiffrées A, Z et q ?
- Quel est le nombre de protons, de neutrons et d’électrons présents dans chacun des atomes ou ions suivants : 199F, 2412Mg2+, 7934Se2− ?
- Quatre nucléides A, B, C et D ont des noyaux constitués comme indiqué ci-dessous. Y a-t-il des isotopes parmi ces quatre nucléides ?
A B C D Nombre de protons 21 22 22 20 Nombre de neutrons 26 25 27 27 Nombre de masse 47 47 49 47
Correction de l'Exercice I.7
- Signification des symboles :
- A (nombre de masse) : Représente la somme du nombre de protons et du nombre de neutrons dans le noyau de l'atome.
- Z (numéro atomique) : Indique le nombre de protons dans le noyau. Ce nombre détermine l'identité chimique de l'élément.
- q (charge) : Représente la charge électrique de l'atome ou de l'ion. Elle est égale à la différence entre le nombre de protons et le nombre d'électrons (q = nombre de protons - nombre d'électrons).
- Composition des atomes ou ions :
Élément/Ion Nombre de masse (A) Protons (Z) Neutrons (A-Z) Électrons (Z-q) 199F 19 9 10 9 2412Mg2+ 24 12 12 10 7934Se2− 79 34 45 36 - Identification des isotopes :
Des isotopes sont des atomes ayant le même nombre de protons (même Z) mais un nombre de neutrons différent (donc un nombre de masse A différent).
En examinant le tableau :
- Nucléide A : Z=21, N=26, A=47
- Nucléide B : Z=22, N=25, A=47
- Nucléide C : Z=22, N=27, A=49
- Nucléide D : Z=20, N=27, A=47
Les nucléides B et C sont des isotopes car ils possèdent le même nombre de protons (Z=22) mais des nombres de masse différents (A=47 pour B et A=49 pour C).
Exercice I.8 : Composition de diverses structures atomiques et ioniques
Quel est le nombre de protons, de neutrons et d'électrons qui composent les structures suivantes ?
126C, 136C, 146C, 168O, 188O2−, 2713Al3+, 3216S2−, 3517Cl−, 4020Ca2+, 5626Fe3+, 5927Co, 5928Ni
Correction de l'Exercice I.8
| Élément/Ion | Nombre de masse (A) | Protons (Z) | Neutrons (A-Z) | Électrons (Z-charge) |
|---|---|---|---|---|
| 126C | 12 | 6 | 6 | 6 |
| 136C | 13 | 6 | 7 | 6 |
| 146C | 14 | 6 | 8 | 6 |
| 168O | 16 | 8 | 8 | 8 |
| 188O2− | 18 | 8 | 10 | 10 |
| 2713Al3+ | 27 | 13 | 14 | 10 |
| 3216S2− | 32 | 16 | 16 | 18 |
| 3517Cl− | 35 | 17 | 18 | 18 |
| 4020Ca2+ | 40 | 20 | 20 | 18 |
| 5626Fe3+ | 56 | 26 | 30 | 23 |
| 5927Co | 59 | 27 | 32 | 27 |
| 5928Ni | 59 | 28 | 31 | 28 |
Exercice I.9 : Masse et énergie de cohésion du noyau d'azote
- Le noyau de l'atome d’azote 14N (Z=7) est formé de 7 protons et 7 neutrons. Calculer en u.m.a. la masse théorique de ce noyau. Comparer cette valeur à sa masse réelle de 14,007515 u.m.a. Calculer l'énergie de cohésion de ce noyau en Joules (J) et en Mégaélectronvolts (MeV).
- Calculer la masse atomique molaire de l’azote naturel sachant que :
- 14N a une masse de 14,007515 u.m.a. et une abondance isotopique de 99,635%
- 15N a une masse de 15,004863 u.m.a. et une abondance isotopique de 0,365%
Données : mp = 1,007277 u.m.a. ; mn = 1,008665 u.m.a. ; me = 9,109534 x 10-31 kg ; N = 6,023 x 1023 mol-1 ; RH = 1,097 x 107 m-1 ; h = 6,62 x 10-34 J.s ; c = 3 x 108 m.s-1
Correction de l'Exercice I.9
- Calcul de la masse théorique et de l'énergie de cohésion :
Le noyau de 14N est composé de 7 protons et 7 neutrons.
Masse théorique du noyau (mthéo) = (7 x mp) + (7 x mn)
mthéo = (7 x 1,007277 u.m.a.) + (7 x 1,008665 u.m.a.) = 7,050939 + 7,060655 = 14,111594 u.m.a.
La masse réelle du noyau de 14N est donnée comme 14,007515 u.m.a.
La masse théorique (14,111594 u.m.a.) est supérieure à la masse réelle (14,007515 u.m.a.). La différence est le défaut de masse (Δm).
Défaut de masse (Δm) = mthéo - mréelle = 14,111594 u.m.a. - 14,007515 u.m.a. = 0,104079 u.m.a. par noyau.
Pour convertir le défaut de masse en kg (en utilisant 1 u.m.a. = 1,66030217 x 10-27 kg, comme établi en Ex. I.6) :
Δm = 0,104079 x 1,66030217 x 10-27 kg ≈ 1,72797 x 10-28 kg par noyau.
L'énergie de cohésion (Ecohésion) est calculée par la relation d'Einstein : E = Δm c2.
Ecohésion = (1,72797 x 10-28 kg) x (3 x 108 m.s-1)2 = 1,72797 x 10-28 x 9 x 1016 ≈ 1,55517 x 10-11 J par noyau.
Pour convertir en MeV : 1 eV = 1,6 x 10-19 J, donc 1 MeV = 1,6 x 10-13 J.
Ecohésion = (1,55517 x 10-11 J) / (1,6 x 10-13 J/MeV) ≈ 97,2 MeV par noyau.
- Calcul de la masse atomique molaire de l'azote naturel :
La masse atomique molaire de l’azote naturel est la moyenne pondérée des masses de ses isotopes stables par leurs abondances isotopiques :
Mazote naturel = (abondance de 14N x masse de 14N) + (abondance de 15N x masse de 15N)
Mazote naturel = (0,99635 x 14,007515 u.m.a.) + (0,00365 x 15,004863 u.m.a.)
Mazote naturel = 13,956894 + 0,054768 ≈ 14,01166 u.m.a.
En g.mol-1, cela donne Mazote naturel ≈ 14,01 g.mol-1.
Exercice I.10 : Phosphore isotopiquement pur
Considérons l'élément phosphore P (Z=15), sous la forme du nucléide isotopiquement pur 3115P :
- Déterminer, en u.m.a. et avec la même précision que l’exercice précédent, la masse du noyau, puis celle de l'atome de phosphore.
- Est-il raisonnable de considérer que la masse de l'atome est principalement localisée dans le noyau ?
- Calculer la masse atomique molaire de cet élément.
- La valeur réelle est de 30,9738 g.mol-1. Que peut-on en conclure ?
Données (tirées des exercices précédents) : mp = 1,007277 u.m.a. ; mn = 1,008665 u.m.a. ; me = 0,000549 u.m.a.
Correction de l'Exercice I.10
Pour le nucléide 3115P : Z=15 (protons), A=31. Nombre de neutrons = A - Z = 31 - 15 = 16.
- Masse du noyau et de l'atome :
- Masse du noyau (mnoyau) : (15 x mp) + (16 x mn)
mnoyau = (15 x 1,007277 u.m.a.) + (16 x 1,008665 u.m.a.) = 15,109155 + 16,138640 = 31,247795 u.m.a. - Masse des électrons (mélectrons) : 15 x me = 15 x 0,000549 u.m.a. = 0,008235 u.m.a.
- Masse de l'atome (matome) : mnoyau + mélectrons = 31,247795 u.m.a. + 0,008235 u.m.a. = 31,256030 u.m.a.
- Masse du noyau (mnoyau) : (15 x mp) + (16 x mn)
- Localisation de la masse de l'atome :
Oui, il est raisonnable de considérer que la masse de l'atome est principalement localisée dans le noyau. La masse des électrons (0,008235 u.m.a.) est très faible comparée à celle du noyau (31,247795 u.m.a.), représentant moins de 0,03% de la masse totale de l'atome.
- Masse atomique molaire du phosphore :
Puisque l'échantillon est isotopiquement pur (31P), la masse atomique molaire est numériquement égale à la masse de l'atome en u.m.a., mais exprimée en g.mol-1.
M(P) = 31,256030 g.mol-1.
- Conclusion sur la valeur réelle :
La valeur réelle de la masse molaire est de 30,9738 g.mol-1.
Le défaut de masse molaire est ΔM = Masse calculée - Masse réelle = 31,256030 - 30,9738 = 0,28223 g.mol-1.
Ce défaut de masse molaire correspond à l'énergie libérée lors de la formation d'une mole de noyaux de phosphore (énergie de cohésion), selon la relation d'Einstein (ΔE = Δm c2). Cela confirme que de la masse est convertie en énergie pour lier les nucléons dans le noyau.
Exercice I.11 : Abondance isotopique et radioactivité du gallium
L’élément gallium (Ga, Z=31) possède deux isotopes stables : 69Ga et 71Ga.
- Déterminer les valeurs approximatives de leurs abondances naturelles sachant que la masse molaire atomique du gallium est de 69,72 g.mol-1.
- Pourquoi le résultat n'est-il qu'approximatif ?
- Il existe trois isotopes radioactifs du gallium : 66Ga, 72Ga, et 73Ga. Prévoir pour chacun son type de radioactivité et écrire la réaction correspondante.
Données sur les isotopes stables :
- 69Ga : 31 protons et 38 neutrons
- 71Ga : 31 protons et 40 neutrons
Correction de l'Exercice I.11
- Abondances naturelles des isotopes stables :
Soient x1 l'abondance naturelle de 69Ga et x2 celle de 71Ga. Nous savons que x1 + x2 = 1.
La masse molaire atomique (M) est la moyenne pondérée des masses des isotopes :
M = x1M1 + x2M2
En considérant M1 ≈ A1 = 69 g.mol-1 et M2 ≈ A2 = 71 g.mol-1 :
69,72 = 69 x1 + 71 x2
En substituant x2 = 1 - x1 :
69,72 = 69 x1 + 71 (1 - x1)
69,72 = 69 x1 + 71 - 71 x1
69,72 - 71 = -2 x1
-1,28 = -2 x1
x1 = 0,64
Donc, x1 = 64% pour 69Ga et x2 = 1 - 0,64 = 0,36, soit 36% pour 71Ga.
- Raison du caractère approximatif du résultat :
Le résultat est approximatif car nous avons assimilé les masses molaires des isotopes à leurs nombres de masse (entiers). En réalité, les masses isotopiques ne sont pas des nombres entiers exacts, en raison du défaut de masse et des masses précises des nucléons.
- Prévision des types de radioactivité et réactions :
Les isotopes stables du gallium (69Ga et 71Ga) ont respectivement (31 protons, 38 neutrons) et (31 protons, 40 neutrons). Le nombre de protons (Z=31) est constant.
- 66Ga (31 protons, 35 neutrons) : Cet isotope présente un déficit de neutrons par rapport aux isotopes stables (35n vs 38n ou 40n). Pour se stabiliser, il tendra à transformer un proton en neutron, ce qui correspond à une émission de positron (β+) ou à une capture électronique.
Réaction : 6631Ga → 6630Zn + e+0 + νe (où νe est un neutrino électronique) - 72Ga (31 protons, 41 neutrons) : Cet isotope présente un excès de neutrons par rapport aux isotopes stables (41n vs 38n ou 40n). Pour se stabiliser, il tendra à transformer un neutron en proton, ce qui correspond à une émission d'électron (β−).
Réaction : 7231Ga → 7232Ge + e−0 + νe (où νe est un antineutrino électronique) - 73Ga (31 protons, 42 neutrons) : Similaire à 72Ga, cet isotope présente un excès de neutrons (42n). Il subira également une désintégration β−.
Réaction : 7331Ga → 7332Ge + e−0 + νe
- 66Ga (31 protons, 35 neutrons) : Cet isotope présente un déficit de neutrons par rapport aux isotopes stables (35n vs 38n ou 40n). Pour se stabiliser, il tendra à transformer un proton en neutron, ce qui correspond à une émission de positron (β+) ou à une capture électronique.
Exercice I.12 : Abondances isotopiques du silicium
L’élément silicium naturel (Si, Z=14) est un mélange de trois isotopes stables : 28Si, 29Si et 30Si. L'abondance naturelle de l'isotope le plus abondant est de 92,23%. La masse molaire atomique du silicium naturel est de 28,085 g.mol-1.
- Quel est l'isotope du silicium le plus abondant ?
- Calculer l'abondance naturelle des deux autres isotopes.
Correction de l'Exercice I.12
- Identification de l'isotope le plus abondant :
La masse molaire atomique du silicium naturel est de 28,085 g.mol-1. Cette valeur est très proche de 28. Par conséquent, l'isotope dont le nombre de masse est 28 (28Si) est le plus abondant.
- Calcul des abondances naturelles des autres isotopes :
Soient x28, x29, et x30 les abondances des isotopes 28Si, 29Si, et 30Si respectivement.
Nous savons que x28 = 92,23% = 0,9223.
Nous avons également x28 + x29 + x30 = 1, d'où 0,9223 + x29 + x30 = 1. Donc, x29 + x30 = 1 - 0,9223 = 0,0777.
La masse molaire atomique moyenne est : MSi = (x28M28) + (x29M29) + (x30M30).
En assimilant les masses isotopiques à leurs nombres de masse (approximativement) :
28,085 = (0,9223 x 28) + (x29 x 29) + (x30 x 30)
28,085 = 25,8244 + 29x29 + 30x30
2,2606 = 29x29 + 30x30
Nous avons un système de deux équations à deux inconnues :
- x29 + x30 = 0,0777 => x30 = 0,0777 - x29
- 29x29 + 30x30 = 2,2606
Substituons (a) dans (b) :
29x29 + 30(0,0777 - x29) = 2,2606
29x29 + 2,331 - 30x29 = 2,2606
-x29 = 2,2606 - 2,331
-x29 = -0,0704
x29 = 0,0704, soit 7,04%.
x30 = 0,0777 - 0,0704 = 0,0073, soit 0,73%.
Exercice I.13 : Masse molaire atomique du magnésium
L’élément magnésium (Mg, Z=12) existe sous forme de trois isotopes de nombres de masse 24, 25 et 26. Les fractions molaires (abondances naturelles) dans le magnésium naturel sont respectivement : 0,101 pour 25Mg et 0,113 pour 26Mg.
- Déterminer une valeur approchée de la masse molaire atomique du magnésium naturel.
- Pourquoi la valeur obtenue n’est-elle qu’approchée ?
Correction de l'Exercice I.13
- Calcul de la masse molaire atomique du magnésium naturel :
Les trois isotopes du magnésium sont 24Mg, 25Mg, et 26Mg. Leurs masses isotopiques sont approximées par leurs nombres de masse.
Les abondances naturelles (fractions molaires) données sont :
- x(25Mg) = 0,101
- x(26Mg) = 0,113
L'abondance de 24Mg est : x(24Mg) = 1 - x(25Mg) - x(26Mg) = 1 - 0,101 - 0,113 = 1 - 0,214 = 0,786.
La masse molaire atomique moyenne M(Mg) est calculée comme la somme pondérée des masses isotopiques :
M(Mg) = (x(24Mg) x M(24Mg)) + (x(25Mg) x M(25Mg)) + (x(26Mg) x M(26Mg))
M(Mg) = (0,786 x 24) + (0,101 x 25) + (0,113 x 26)
M(Mg) = 18,864 + 2,525 + 2,938 = 24,327 g.mol-1.
- Raison du caractère approximatif de la valeur :
La valeur obtenue est approchée car, comme mentionné dans l'exercice précédent, nous avons assimilé les masses isotopiques à leurs nombres de masse entiers. En réalité, les masses exactes des nucléides diffèrent légèrement de leurs nombres de masse en raison du défaut de masse.
Chapitre II : Modèle quantique de l'atome – Atome de Bohr
Définitions et notions clés
- Électron-volt (eV)
- Quantum (pluriel : quanta)
- Atome hydrogénoïde
- Modèle de Bohr
- Orbite de Bohr
- Absorption
- Émission
- Constante de Rydberg
- Séries spectrales (Lyman, Balmer, Paschen, Brackett et Pfund)
- Raie spectrale
- Raie limite
II.1 Atomes hydrogénoïdes selon le modèle de Bohr : Application à l'ion Li2+
Exercice II.1 : Formules de Bohr et application à Li2+
- Établir pour un atome hydrogénoïde (un noyau de charge +Ze autour duquel gravite un seul électron), les formules donnant :
- Le rayon de l’orbite de rang n.
- L’énergie du système noyau-électron correspondant à cette orbite.
- Exprimer le rayon et l’énergie totale de rang n pour l’hydrogénoïde en fonction des mêmes grandeurs relatives à l’atome d’hydrogène.
- Calculer en eV et en joules, l’énergie des quatre premiers niveaux de l’ion hydrogénoïde Li2+, sachant qu’à l’état fondamental, l’énergie du système noyau-électron de l’atome d’hydrogène est égale à -13,6 eV.
- Quelle énergie doit absorber un ion Li2+ pour que l’électron passe du niveau fondamental au premier niveau excité ?
- Si cette énergie est fournie sous forme lumineuse, quelle est la longueur d’onde λ1-2 du rayonnement capable de provoquer cette transition ?
Données : Li (Z=3) ; 1 eV = 1,6 x 10-19 Joules ; h = 6,62 x 10-34 J.s ; c = 3 x 108 m.s-1
II.2 Spectre d'émission de l'atome d'hydrogène
Exercice II.2.1 : Séries spectrales de l'hydrogène
- Le spectre d’émission de l’atome d’hydrogène est composé de plusieurs séries de raies. Donner pour chacune des trois premières séries, les longueurs d’onde de la première raie et de la raie limite. On établira d’abord la formule donnant 1/λi-j, où λi-j représente la longueur d’onde de la radiation émise lorsque l’électron passe du niveau ni au niveau nj (ni > nj). Dans quel domaine spectral (visible, ultra-violet, infra-rouge,...) observe-t-on chacune de ces séries ?
- La première raie de la série de Brackett du spectre d’émission de l’atome d’hydrogène a pour longueur d’onde 4,052 μm. Calculer, sans autre donnée, la longueur d’onde des trois raies suivantes.
Exercice II.2.2 : Raies d'émission depuis un niveau excité
Si l’électron de l’atome d’hydrogène est excité au niveau n=5, combien de raies différentes peuvent-elles être émises lors du retour à l’état fondamental ? Calculer dans chaque cas la fréquence et la longueur d’onde du photon émis.
Exercice II.2.3 : Absorption et émission de photons
Si un atome d’hydrogène dans son état fondamental absorbe un photon de longueur d’onde λ1 puis émet un photon de longueur d’onde λ2, sur quel niveau l’électron se trouve-t-il après cette émission ?
Données : λ1 = 97,28 nm et λ2 = 1879 nm
Exercice II.2.4 : Couleurs spectrales du strontium
Le strontium peut être caractérisé par la coloration rouge vif qu'il donne à la flamme. Cette coloration est due à la présence dans son spectre de deux raies visibles à 605 nm et 461 nm. L'une est jaune orangée et l'autre bleue. Attribuer la couleur correspondante à chacune de ces raies et calculer l'énergie et la fréquence des photons correspondants.
Indications : Le domaine du visible s'étale approximativement de 400 nm à 800 nm. L'ordre des couleurs est celui bien connu de l'arc-en-ciel : VIBVJOR (Violet - Indigo - Bleu - Vert - Jaune - Orange - Rouge). Le violet correspond aux hautes énergies, aux hautes fréquences et aux faibles longueurs d'onde. Inversement, le rouge correspond aux faibles énergies, aux faibles fréquences et aux grandes longueurs d'onde. Il est donc facile d'attribuer sa couleur à chaque raie par simple comparaison.
Exercice II.2.5 : Niveaux d'énergie de l'hydrogène
- Un atome d'hydrogène initialement à l'état fondamental absorbe une quantité d'énergie de 10,2 eV. À quel niveau se trouve l’électron ?
- L’électron d’un atome d'hydrogène initialement au niveau n=3 émet une radiation de longueur d'onde λ = 1027 Å. À quel niveau se retrouve-t-il ?
FAQ : Questions Fréquemment Posées
Qu'est-ce qu'un isotope ?
Un isotope désigne des atomes d'un même élément chimique (ayant donc le même nombre de protons) mais qui possèdent un nombre différent de neutrons dans leur noyau. Cette différence de neutrons entraîne une masse atomique légèrement différente pour chaque isotope de l'élément.
Comment calcule-t-on l'énergie de cohésion d'un noyau atomique ?
L'énergie de cohésion d'un noyau est calculée à partir du "défaut de masse", qui est la différence entre la masse théorique du noyau (somme des masses des protons et des neutrons qui le composent) et sa masse réelle mesurée. Ce défaut de masse est ensuite converti en énergie en utilisant la célèbre relation d'équivalence masse-énergie d'Einstein : E = Δm c², où Δm est le défaut de masse et c est la célérité de la lumière.
Quel est le principe fondamental du modèle de Bohr pour les atomes hydrogénoïdes ?
Le modèle de Bohr postule que les électrons gravitent autour du noyau sur des orbites circulaires spécifiques et stables, appelées orbites stationnaires. Sur ces orbites, les électrons ne rayonnent pas d'énergie. L'énergie de l'électron est quantifiée, ce qui signifie qu'elle ne peut prendre que des valeurs discrètes. Les transitions d'électrons entre ces niveaux d'énergie quantifiés sont accompagnées par l'absorption ou l'émission de photons d'énergie spécifique.