Espaces vectoriels normes serie exercices psi analyse 3 -Cor
Télécharger PDFSérie d'exercices : Espaces vectoriels normés (PSI)
I. Normes et normes équivalentes
Exercice 1
On définit sur ℝ2 l'application N : ℝ2 → ℝ par N(x, y) = sup0≤t≤1 |x + ty|.
- Montrer que N est une norme sur ℝ2.
- Posons φ(t) = |x + ty| pour t ∈ [0, 1].
- Montrer que φ2 est convexe.
- En déduire que N(x, y) ≤ 1 si et seulement si |x| ≤ 1 et |x + y| ≤ 1.
- Tracer la boule unité fermée associée à N.
Exercice 2
Pour x = (x1, x2) ∈ ℝ2, on pose ‖x‖ = 2|x1| + 3|x2|.
- Vérifier que ‖.‖ est une norme sur ℝ2. Tracer la boule unité associée à cette norme.
- Trouver deux constantes α, β > 0 telles que α‖x‖ ≤ ‖x‖2 ≤ β‖x‖.
Exercice 3
Soit E un espace vectoriel normé.
- Montrer que : ∀x, y, z, t ∈ E; ‖x − t‖ + ‖y − z‖ ≤ ‖x − y‖ + ‖y − t‖ + ‖t − z‖ + ‖z − x‖.
- Soient N1, N2 deux normes sur E. On désigne par Bi les boules ouvertes pour la norme Ni. Montrer que ∀ x ∈ E, N1(x) ≤ k N2(x) ⇔ B2(0, 1) ⊂ B1(0, k).
Exercice 4
Soient p > 1 et q > 1 tels que 1/p + 1/q = 1.
- En utilisant la concavité d'une fonction bien choisie, montrer que pour a, b ≥ 0 : ab ≤ (1/p)ap + (1/q)bq.
- Pour x = (x1, ..., xn) ∈ ℝn, on pose Np(x) = (∑i=1n |xi|p)1/p. Montrer que ∑i=1n xiyi ≤ Np(x)Nq(y).
- Établir que Np est une norme sur ℝn. (Pour l'inégalité triangulaire utiliser l'inégalité (|x| + |y|)p ≤ |x|(|x| + |y|)p−1 + |y|(|x| + |y|)p−1).
- En déduire que l'ensemble des suites (xm)m telles que la série ∑|xm|p converge est un espace vectoriel.
Exercice 5
Soit E = { f ∈ C1([0, 1], ℝ) | f(0) = 0 }. Pour f ∈ E, on pose ‖f‖ = supt∈[0,1]|f(t) + f'(t)|.
- Montrer que ‖.‖ est une norme sur E.
- Est-elle équivalente à la norme ‖.‖∞ ? (On pourra considérer fn : t → tn, pour n ∈ ℕ.)
- Pour g ∈ C([0, 1], ℝ), résoudre sur [0, 1] l'équation différentielle y' + y = g(t) par la méthode de variation des constantes.
- Montrer qu'il existe k > 0 tel que, pour tout f ∈ E, ‖f‖∞ ≤ k‖f‖.
Exercice 6
Norme de Frobenius : Pour tout A ∈ Mn(ℝ) on pose ‖A‖ = √tr(tAA).
- Montrer que ‖.‖ définit une norme euclidienne sur Mn(ℝ).
- Soient A = (aij) et B = (bij) et AB = (cij).
- Justifier que ‖AB‖2 = ∑i=1n ∑j=1n cij2.
- Montrer pour tout x1, ..., xn, y1, ..., yn dans ℝ : ∑k=1n xkyk ≤ ∑k=1n xk2 ∑k=1n yk2.
- En déduire que ‖AB‖ ≤ ‖A‖‖B‖.
- Soit N une norme quelconque sur Mn(ℝ). Montrer qu'il existe K > 0 tel que N(AB) ≤ K N(A) N(B).
II. Suites dans un EVN
Exercice 7
Soit (un)n∈ℕ ∈ Eℕ. On suppose que les trois suites extraites (u2n)n∈ℕ, (u2n+1)n∈ℕ et (u3n)n∈ℕ convergent. Montrer que (un)n∈ℕ est convergente.
Exercice 8
Soit A la matrice
[[1, 2, 1],
[0, 1, 2]].
Calculer limn→+∞ An.
Exercice 9
Sur E = ℝ[X] on considère les normes définies par : N1(P) = ∑k=0deg(P) |ak|, N2(P) = ∑k=0deg(P) |ak|2, N∞(P) = maxk=0...deg(P) |ak| pour P = ∑k=0deg(P) akXk. Et on pose Pn = ∑k=1n Xk.
- Calculer N1(Pn), N2(Pn) et N∞(Pn).
- Pour quelles valeurs de α la suite (nαPn)n∈ℕ converge-t-elle vers 0 pour la norme N1 ? Même question pour les autres normes.
Exercice 10
Soit (un)n∈ℕ convergente et σ une bijection de ℕ dans ℕ. Montrer que (uσ(n))n∈ℕ est convergente.
Exercice 11
Soit (un)n une suite d'entiers relatifs, convergente vers l.
- Montrer (un)n∈ℕ est stationnaire à partir d'un certain rang et que l ∈ ℤ.
- Soit un la nième décimale de √2. (un)n est-elle convergente ?
Exercice 12
On définit les suites (Sn)n∈ℕ et (S'n)n∈ℕ par Sn = ∑k=0n 1/k! et S'n = Sn + 1/(n n!).
- Montrer qu'elles convergent vers la même limite. On admet que cette limite est e.
- On suppose e = p/q où p, q ∈ ℕ*.
- Montrer qu'il existe N ∈ ℕ, tel que N < p q! < N + 1.
- En déduire que e est irrationnel.
III. Ouverts, fermés, densité
Exercice 13
- Soit a = (a1, . . . , ap) ∈ ℝp et r > 0. Montrer que B∞(a,r) peut s'écrire comme produit de p intervalles de ℝ.
- Soient F et G deux parties de ℝp. On suppose que F et G sont d'intérieur vide, montrer que F ∩ G est encore d'intérieur vide.
Exercice 14
Soit A une partie non vide d'un espace vectoriel normé E. Pour x ∈ E on définit la distance de x à A par : d(x, A) = infa∈A ‖x − a‖.
- Montrer que ∀x, y ∈ E |d(x, A) − d(y, A)| ≤ ‖x − y‖.
- Montrer que x ∈ A si et seulement si d(x, A) = 0.
- Soit E = C([0, 1], ℝ) muni de la norme infinie ‖.‖∞, on considère E0 = { f ∈ E | f(0) = f(1) = 0, et ∫01 f(t)dt = 1 }.
- Montrer que E0 est fermé.
- Montrer que d(0, E0) = 1, et que cette dernière distance n'est pas atteinte.
Exercice 15
Soit (E, ‖.‖) un K-espace vectoriel normé, λ ∈ K, A et B deux parties non vides de E. On note A + B = {a + b | (a, b) ∈ A × B} et λA = {λa | a ∈ A}. Montrer que :
- Si A est fermé (resp. ouvert), il en est de même de λA.
- Si A et B sont deux ouverts, il en est de même de A + B.
- Examiner A + B si E = ℝ, A = πℤ, B = ℤ et conclure.
Exercice 16
Les parties suivantes sont-elles ouvertes ? fermées ? bornées ?
- A = {(x, y) ∈ ℝ2 | xy = 1}.
- B = {(x, y) ∈ ℝ2 | x2 + xy + y2 < 1}.
- C = {z ∈ ℂ | Re(z2) ≤ 1}.
Exercice 17
Soit A une partie convexe d'un EVN E.
- Démontrer que A et A° sont aussi convexes.
- Montrer que l'application x → d(x, A) est convexe (c'est-à-dire d(tx + (1 − t)y, A) ≤ td(x, A) + (1 − t)d(y, A)).
Exercice 18
Soit E un espace vectoriel normé et F un sous-espace vectoriel de E tel que F ≠ E.
- Montrer que F est un sev de E.
- Montrer que F° = ∅.
- En déduire que si O est un ouvert de E alors Vect(O) = E.
Exercice 19
Soient E un EVN de dimension finie n, H un sous-espace fermé de E et a ∈ E∖H.
- Montrer que H + Ka est fermé dans E.
- En déduire que si G est un sous-espace vectoriel de E alors H + G est un fermé de E.
IV. Limites et continuité
Exercice 20
Soit (E, ‖.‖) un espace vectoriel normé. On considère l'application f : E → E ; x → f(x) = x / (1 + ‖x‖). Montrer que f est continue et que f(E) = B(0, 1/2).
Exercice 21
Soit E = C0([−α, α], ℝ) muni de la norme infinie et a, b deux nombres réels avec |a| < 1 et |b| < 1. Soit T l'endomorphisme de E définie par T(f)(x) = f(x) + a f(bx).
- Montrer qu'il existe M ≥ 0 tel que : ∀ f ∈ E; ‖T(f)‖ ≤ M‖f‖.
- Montrer que T est continue en 0 et en déduire que T est continue sur E.
- Montrer que T est injective.
Exercice 22
Soit Dn(K) l'ensemble des matrices diagonalisables de Mn(K).
- Montrer que Dn(ℂ) est dense dans Mn(ℂ).
- On se propose de montrer que D2(ℝ) n'est pas dense dans M2(ℝ). On considère A = [[0, -1], [1, 0]] et l'application Δ : M2(ℝ) → ℝ, M ↦ (tr M)2 − 4det M.
- Montrer que Δ est continue.
- Soit (An)n une suite de D2(ℝ), vérifier que Δ(An) ≥ 0, ∀n ∈ ℕ, puis en déduire que A ∉ D2(ℝ).
Exercice 23
Soit A une matrice de M2(K), on note SK(A) = {PAP-1 | P ∈ GL2(K)} la classe de similitude de A.
- On suppose que A est nilpotente. Montrer que A est semblable à J2 = [[0, 1], [0, 0]] et en déduire que la matrice nulle O2 est dans SK(A).
- Réciproquement, si O2 ∈ SK(A), soit (Ak)k une suite de SK(A) convergente vers O2. Montrer que la trace (resp. le déterminant) de Ak convergent vers la trace (resp. le déterminant) de O2.
- Déduire que A est nilpotente.
- Conclure.
Exercice 24
CCP 2005 MP : Étude topologique de Rac(A). Soit A une matrice de Mn(ℝ), on dit qu'une matrice R de Mn(ℝ) est une racine carrée de A si R2 = A. On note Rac(A) l'ensemble des racines carrées de A, c'est-à-dire Rac(A) = {R ∈ Mn(ℝ) | R2 = A}. Si A est une matrice de Mn(ℝ) qui a pour coefficients (ai,j)1≤i,j≤n, on définit une norme en posant N(A) = max1≤i,j≤n|ai,j|. On munit Mn(ℝ) de cette norme N.
- Montrer que l'application R → R2 de Mn(ℝ) dans Mn(ℝ) est continue.
- Montrer que Rac(A) est une partie fermée de Mn(ℝ).
- Étude du caractère borné de Rac(In).
- Pour tout entier naturel q, on pose Sq = [[1, 0], [q, -1]]. Calculer Sq2. Rac(I2) est-elle une partie bornée de M2(ℝ) ?
- Rac(In) est-elle une partie bornée de Mn(ℝ) pour n ≥ 3 ?
- Application : pour cette question, n ≥ 2. Montrer qu'il n'existe pas de norme ‖.‖ "surmultiplicative" sur GLn(ℝ), c'est-à-dire vérifiant pour tous A et B dans GLn(ℝ), ‖AB‖ ≥ ‖A‖‖B‖.
FAQ sur les espaces vectoriels normés
Qu'est-ce qu'un espace vectoriel normé ?
Un espace vectoriel normé est un espace vectoriel sur lequel est définie une norme, c'est-à-dire une fonction qui associe à chaque vecteur une longueur ou une taille, appelée sa norme. Cette fonction doit satisfaire certaines propriétés : elle doit être positive, nulle si et seulement si le vecteur est le vecteur nul, homogène par rapport à la multiplication par un scalaire, et satisfaire l'inégalité triangulaire.
Pourquoi l'équivalence des normes est-elle importante ?
L'équivalence des normes est cruciale car elle signifie que deux normes différentes sur un même espace vectoriel de dimension finie induisent la même topologie. En d'autres termes, les mêmes notions de convergence de suites, d'ouverts, de fermés ou de continuité d'applications restent valides quel que soit le choix de la norme équivalente. Cela simplifie de nombreuses démonstrations et garantit la cohérence des résultats topologiques.
Quel est le lien entre les espaces vectoriels normés et la topologie ?
Les espaces vectoriels normés sont intrinsèquement liés à la topologie car la norme définit une distance, qui à son tour permet de définir des concepts topologiques fondamentaux tels que les boules ouvertes, les ensembles ouverts, les ensembles fermés, la convergence de suites et la continuité des fonctions. La topologie induite par une norme permet d'étudier les propriétés "géométriques" et de "voisinage" au sein de l'espace.