Exercices td analyse macroéconomique crise sanitaire 2020 et
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1) Que sont les secteurs « contraints » ? Pourquoi sont-ils « contraints » ? Quel est leur poids dans l’économie ?
Les secteurs contraints regroupent certaines branches industrielles (matériel de transport, équipements, etc.), la construction, l’hôtellerie-restauration et d’autres activités de services. Ces secteurs ont subi une limitation de leur capacité productive pendant la crise sanitaire en 2020. Ils représentent 20 % du PIB français.
2) Comment les secteurs contraints ont-ils contribué à la baisse du PIB français en 2020 ?
Ils ont directement réduit la production en 2020 par rapport à 2019. Par ailleurs, leur baisse d’activité a entraîné une demande moindre en consommations intermédiaires pour les autres secteurs non touchés par la crise. Au total, ces secteurs expliquent 60 % de la perte globale d’activité par rapport à sa tendance pré-crise.
3) Comment interpréter la partie du graphique 5 dédiée à 2020 ?
La courbe montre une baisse de 14,4 % de l’épargne des entreprises en 2020 par rapport à 2019. Cette diminution est décomposée en plusieurs contributions. La baisse des profits (EBE) a réduit l’épargne de 17,7 points de pourcentage. Cependant, la baisse totale est moins marquée car les entreprises ont versé moins d’impôts, de dividendes et d’intérêts nets en 2020 qu’en 2019.
4) Commenter l’évolution de l’investissement en 2020
L’investissement des entreprises a diminué de près de 10 % en 2020. Malgré l’ampleur de la baisse de la valeur ajoutée (VA), cette réduction est moins forte que prévu par les modèles macroéconomiques classiques. Cela s’explique par deux facteurs : la perception d’une crise temporaire et les soutiens publics. Les entreprises ont estimé que la demande retrouverait rapidement son niveau d’avant-crise, limitant ainsi leurs ajustements. La politique budgétaire et monétaire a aussi permis de maintenir les revenus et le capital productif, ainsi que des conditions de financement favorables.
5) Quel est le paradoxe concernant le revenu des ménages en 2020 ?
Malgré une forte baisse des revenus primaires (salaires et revenus du capital) en 2020 par rapport à 2019, les ménages ont enregistré une hausse de 1 % de leur revenu disponible. Ce paradoxe s’explique par la baisse des impôts et surtout par l’augmentation des revenus de transfert, qui ont compensé la diminution des revenus d’activité.
6) Quel a été le taux d’épargne des ménages en 2020 ? Quels sont les deux types d’épargne observés ?
En 2020, le taux d’épargne des ménages a atteint 27 % du revenu, contre une moyenne habituelle de 15 %. Cette hausse exceptionnelle s’explique par deux formes d’épargne : l’épargne forcée, liée à la réduction des dépenses en raison des restrictions sanitaires ou des comportements prudents des ménages, et l’épargne de précaution, motivée par l’incertitude économique.
7) Le déficit public de 9,2 % en 2020 est-il inquiétant ?
Non, car il s’agit d’un déficit nécessaire. Sans ce soutien public aux revenus des ménages (notamment via le chômage partiel) et aux entreprises (compensation des pertes ou allègement des charges), le recul du PIB et de l’emploi aurait été bien plus important. De plus, l’investissement aurait probablement baissé davantage que 10 %, réduisant la capacité productive à long terme.
8) Qu’est-ce que l’insolvabilité ? Quels facteurs la provoquent ? Est-elle synonyme de faillite ? Quelle proportion d’entreprises devient insolvable chaque année ?
L’insolvabilité désigne une situation où les passifs d’une entreprise dépassent ses actifs. Une entreprise devient insolvable lorsque ses coûts excèdent ses recettes, l’amenant à emprunter pour couvrir ses dépenses, souvent après plusieurs années de dettes consécutives. L’insolvabilité n’est pas toujours synonyme de faillite, car une entreprise peut disposer de liquidités suffisantes pour honorer ses engagements à court terme. Hors période de crise, environ 3 % des entreprises françaises deviennent insolvables chaque année.
9) Comment les entreprises réagissent-elles face à des chocs négatifs sur leur chiffre d’affaires ?
Elles réduisent leurs coûts variables, notamment la masse salariale. Elles puisent dans leur trésorerie ou recourent à l’emprunt pour faire face aux difficultés.
10) Qu’est-ce que l’effet de « destruction créatrice » ? Cet effet est-il toujours présent ?
En temps normal, les entreprises insolvables ont une productivité inférieure à la moyenne. On parle d’effet de « destruction créatrice » car les facteurs de production (ressources humaines et capital) libérés par ces entreprises peuvent être réemployés par des entreprises plus productives. En période de crise, cet effet est moins efficace, car les entreprises insolvables ne sont que légèrement moins productives que la moyenne.
11) Quels sont les déterminants de l’investissement ?
Les principaux déterminants de l’investissement sont : - la demande, - les profits, - le niveau d’endettement des entreprises.
FAQ
Pourquoi les secteurs contraints ont-ils un impact disproportionné sur le PIB ?
Ces secteurs sont essentiels à la chaîne de production et leur ralentissement affecte directement les autres branches, réduisant la demande globale en biens intermédiaires.
Comment expliquer la hausse du taux d’épargne des ménages malgré la baisse des revenus ?
La baisse des impôts et l’augmentation des transferts sociaux (comme les aides exceptionnelles) ont compensé la diminution des revenus d’activité, permettant une hausse du revenu disponible.
Quelle différence entre insolvabilité et faillite ?
Une entreprise insolvable a des dettes supérieures à ses actifs, mais elle peut éviter la faillite si elle dispose de liquidités pour payer ses obligations à court terme. La faillite survient lorsque l’insolvabilité devient irréversible.