Questions corrigées macroéconomie monetaire et bancaire epar

Questions corrigées macroéconomie monetaire et bancaire epar

Télécharger PDF

1) Quel est le rapport entre épargne liquide et masse monétaire ?

Lorsque les agents économiques accumulent de l’épargne liquide, ils augmentent leur détention de monnaie. Ainsi, la forte hausse de la masse monétaire au sens de M3 en 2020 dans la zone euro s’explique par l’accumulation de dépôts supplémentaires auprès des banques par les entreprises et les ménages.

2) Quelles sont les causes de l’augmentation de la masse monétaire en 2020 dans la zone euro ?

Deux facteurs principaux expliquent cette augmentation : - Les banques commerciales ont massivement acheté les obligations publiques émises par les États en 2020. Lorsqu’un État utilise les fonds obtenus via l’émission de dette pour verser des revenus aux agents non financiers (ménages et entreprises), la monnaie détenue par ces agents augmente, ce qui se traduit par une hausse de M3. - Les banques centrales ont racheté presque la totalité des obligations publiques acquises par les banques commerciales, augmentant ainsi leurs réserves bancaires. Ces réserves supplémentaires leur ont permis d’acheter de nouvelles obligations publiques, contribuant à l’expansion de la masse monétaire. - Les banques commerciales ont accordé davantage de crédits aux entreprises (sociétés non financières), notamment grâce aux dispositifs de garantie publique mis en place pour les emprunts.

3) Quelles différences observe-t-on entre l’augmentation de la masse monétaire aux États-Unis et dans la zone euro en 2020 ?

En zone euro, l’augmentation de la masse monétaire est principalement due à l’accumulation de dépôts par les sociétés non financières (entreprises). Aux États-Unis, c’est l’accumulation de dépôts par les ménages qui représente la principale cause de la hausse de la masse monétaire. Cette différence s’explique par les politiques économiques distinctes déployées pour faire face à la crise du Covid-19 : aux États-Unis, les transferts directs aux ménages ont été plus importants qu’en zone euro.

4) La hausse de la masse monétaire peut-elle alimenter l’inflation ?

Arguments en faveur d’un risque inflationniste

La croissance de la masse monétaire, accompagnée de mesures de relance monétaire, a accru la richesse financière des agents non financiers (ménages et entreprises). Cela pourrait stimuler leurs dépenses et, in fine, favoriser l’inflation. Historiquement, l’augmentation des avoirs monétaires des ménages est fortement corrélée à la hausse de l’inflation. Ce lien suggère que le potentiel inflationniste est plus élevé aux États-Unis, où les ménages ont été la principale source de hausse de la masse monétaire, qu’en zone euro, où cette augmentation provient surtout des entreprises, dont le lien avec l’inflation est moins marqué.

Arguments limitant ce risque

L’augmentation de la richesse financière nette des ménages, liée à la politique budgétaire de relance, peut être contrebalancée par des obligations fiscales implicites. Si l’équivalence ricardienne s’applique, les agents anticipent une hausse future des impôts pour rembourser la dette générée par ces mesures, ce qui pourrait limiter l’impact sur les dépenses. La hausse des avoirs monétaires des ménages est atypique et pourrait être considérée comme un transfert ponctuel. Les études montrent que ces transferts sont généralement peu dépensés : ils servent plutôt à augmenter l’épargne ou à rembourser des dettes existantes. Ainsi, si ces avoirs supplémentaires ne conduisent pas à une hausse des dépenses, leur impact sur l’inflation sera nul.

FAQ

Pourquoi la masse monétaire M3 augmente-t-elle avec les dépôts ?

M3 inclut les dépôts à terme et les comptes d’épargne, en plus des billets et pièces en circulation. Lorsque les agents économiques placent leurs fonds sur ces comptes, cela augmente leur détention de monnaie et, par conséquent, la masse monétaire totale.

Qu’est-ce que l’équivalence ricardienne et comment influence-t-elle l’inflation ?

L’équivalence ricardienne est une théorie économique selon laquelle les agents anticipent les hausses de dette publique et ajustent leur comportement en conséquence, notamment en épargnant davantage pour compenser les futurs impôts. Cela peut limiter l’impact des mesures de relance sur les dépenses et, donc, sur l’inflation.

Comment les politiques économiques diffèrent-elles entre la zone euro et les États-Unis en 2020 ?

Les États-Unis ont privilégié des transferts directs aux ménages (comme les chèques de relance), tandis que la zone euro a mis davantage l’accent sur les aides aux entreprises et les garanties publiques pour les crédits. Cette approche distincte a conduit à des dynamiques différentes dans l’accumulation des dépôts et la hausse de la masse monétaire.

Cela peut vous intéresser :

Partagez vos remarques, questions , propositions d'amélioration ou d'autres cours à ajouter dans notre site

Enregistrer un commentaire (0)
Plus récente Plus ancienne