Examen algebre m123 fstm universite hassan ii mohammedia 201

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Exercice 1

On considère les polynômes suivants :

A(X) = X^4 + X^3 + 2X^2 + X + 1

B(X) = X^3 - 2X^2 - 2X - 3

1. Calcul du P.G.C.D. de A et B

Pour calculer le Plus Grand Commun Diviseur (P.G.C.D.) de A(X) et B(X), nous utilisons l'algorithme d'Euclide.

Division euclidienne de A(X) par B(X) :

A(X) = (X+3)B(X) + (10X^2 + 10X + 10)

Soit R1(X) = 10X^2 + 10X + 10 = 10(X^2 + X + 1).

Division euclidienne de B(X) par R1(X)/10 = X^2 + X + 1 :

B(X) = (X - 3)(X^2 + X + 1) + 0

Le dernier reste non nul (à un facteur constant près) est X^2 + X + 1.

Donc, le P.G.C.D. de A(X) et B(X) est D(X) = X^2 + X + 1.

2. Factorisation de A et B en polynômes irréductibles dans R[X]

Nous avons trouvé que D(X) = X^2 + X + 1 est un facteur commun. Pour factoriser A(X) et B(X), nous effectuons les divisions par D(X).

Pour A(X) :

A(X) = (X^2 + X + 1)(X^2 + 1)

Pour B(X) :

B(X) = (X^2 + X + 1)(X - 3)

Factorisation en polynômes irréductibles dans R[X] :

  • Le polynôme X^2 + X + 1 est irréductible dans R[X] car son discriminant est Δ = 1^2 - 4(1)(1) = -3 < 0.
  • Le polynôme X^2 + 1 est irréductible dans R[X] car son discriminant est Δ = 0^2 - 4(1)(1) = -4 < 0.
  • Le polynôme X - 3 est irréductible dans R[X] car il est de degré 1.

Donc, les factorisations irréductibles sont :

A(X) = (X^2 + X + 1)(X^2 + 1)

B(X) = (X^2 + X + 1)(X - 3)

3. Recherche de deux polynômes U et V tels que D = AU + BV

Selon l'identité de Bézout, il existe des polynômes U(X) et V(X) tels que A(X)U(X) + B(X)V(X) = D(X).

En divisant par D(X), nous cherchons U(X) et V(X) tels que (X^2 + 1)U(X) + (X - 3)V(X) = 1.

En appliquant l'algorithme d'Euclide étendu aux polynômes (X^2 + 1) et (X - 3) :

X^2 + 1 = (X - 3)(X + 3) + 10

Donc, 10 = (X^2 + 1) - (X - 3)(X + 3).

Divisons par 10 :

1 = (X^2 + 1)(1/10) + (X - 3)(-(X + 3)/10)

Ainsi, un couple de polynômes U(X) et V(X) est :

U(X) = 1/10

V(X) = -(X + 3)/10

Exercice 2

Soit P le sous-espace de R^4 défini par le système d'équations linéaires :

x + y + z + t = 0 (L1)

y + 2z + t = 0 (L2)

Soient v1 = (1, 1, 1, 1) et v2 = (1, 0, 1, 0). On note V = Vect({v1, v2}).

1. Dimension et base de P

Le sous-espace P est défini par deux équations linéaires dans R^4. Ces deux équations sont indépendantes (le vecteur normal de L1 est (1,1,1,1) et celui de L2 est (0,1,2,1), ils ne sont pas colinéaires).

Par conséquent, la dimension de P est dim(R^4) - nombre d'équations indépendantes = 4 - 2 = 2.

Pour déterminer une base de P, exprimons les variables en fonction des autres :

De (L2) : y = -2z - t

Substituons dans (L1) : x + (-2z - t) + z + t = 0 => x - z = 0 => x = z

Un vecteur (x, y, z, t) dans P peut s'écrire :

(z, -2z - t, z, t) = (z, -2z, z, 0) + (0, -t, 0, t)

= z(1, -2, 1, 0) + t(0, -1, 0, 1)

Ainsi, les vecteurs u1 = (1, -2, 1, 0) et u2 = (0, -1, 0, 1) engendrent P. Puisqu'ils ne sont pas colinéaires, ils sont linéairement indépendants et forment une base de P.

Une base de P est donc Bp = {(1, -2, 1, 0), (0, -1, 0, 1)}.

2. Base de V

V est le sous-espace engendré par v1 = (1, 1, 1, 1) et v2 = (1, 0, 1, 0).

Pour que (v1, v2) soit une base de V, il suffit de montrer que v1 et v2 sont linéairement indépendants.

V1 et V2 ne sont pas colinéaires (il n'existe pas de scalaire λ tel que v1 = λv2, car les premières composantes sont 1 et 1, mais les deuxièmes sont 1 et 0, ce qui est impossible pour un même λ).

Par conséquent, (v1, v2) est une base de V, et dim(V) = 2.

3. Détermination de P+V et sa base

La somme P+V est le sous-espace engendré par l'union des bases de P et V, soit {u1, u2, v1, v2}.

Nous cherchons la dimension de P+V. Nous savons que dim(P+V) = dim(P) + dim(V) - dim(P∩V).

Pour déterminer si les vecteurs {u1, u2, v1, v2} sont linéairement indépendants, nous résolvons l'équation :

αu1 + βu2 + γv1 + δv2 = 0

α(1, -2, 1, 0) + β(0, -1, 0, 1) + γ(1, 1, 1, 1) + δ(1, 0, 1, 0) = (0, 0, 0, 0)

Ce qui donne le système :

1. α + γ + δ = 0

2. -2α - β + γ = 0

3. α + γ + δ = 0 (identique à 1)

4. β + γ = 0

De (4), β = -γ.

De (1), δ = -α - γ.

Substituons dans (2) : -2α - (-γ) + γ = 0 => -2α + 2γ = 0 => α = γ.

Alors β = -α et δ = -α - α = -2α.

Si nous choisissons α = 1, alors γ = 1, β = -1, δ = -2.

Nous avons donc la relation de dépendance linéaire : 1u1 - 1u2 + 1v1 - 2v2 = 0.

Ceci implique que v1 = -u1 + u2 + 2v2. Par conséquent, v1 est une combinaison linéaire de {u1, u2, v2}.

Donc P+V = Vect({u1, u2, v1, v2}) = Vect({u1, u2, v2}).

Les vecteurs u1 = (1, -2, 1, 0), u2 = (0, -1, 0, 1) sont dans P.

Le vecteur v2 = (1, 0, 1, 0) n'est pas dans P car 1+0+1+0 = 2 ≠ 0.

Donc {u1, u2, v2} est une famille libre de 3 vecteurs.

Par conséquent, dim(P+V) = 3.

Une base de P+V est Bp+v = {(1, -2, 1, 0), (0, -1, 0, 1), (1, 0, 1, 0)}.

4. P et V sont-ils supplémentaires ? Base de P∩V

Pour que P et V soient supplémentaires dans R^4, il faut que P+V = R^4 et P∩V = {0}.

Puisque dim(P+V) = 3 et dim(R^4) = 4, P+V ≠ R^4.

Donc P et V ne sont pas supplémentaires dans R^4.

Calculons la dimension de l'intersection :

dim(P∩V) = dim(P) + dim(V) - dim(P+V) = 2 + 2 - 3 = 1.

Pour trouver une base de P∩V, nous utilisons la relation de dépendance linéaire trouvée : u1 - u2 + v1 - 2v2 = 0.

Ceci peut être réécrit comme v1 - 2v2 = -(u1 - u2) = u2 - u1.

Soit le vecteur w = v1 - 2v2 = (1,1,1,1) - 2(1,0,1,0) = (1,1,1,1) - (2,0,2,0) = (-1,1,-1,1).

Puisque w est une combinaison linéaire de v1 et v2, w ∈ V.

Puisque w = u2 - u1 (car u2-u1 = (0,-1,0,1)-(1,-2,1,0) = (-1,1,-1,1)), w ∈ P.

Donc w = (-1,1,-1,1) est un vecteur non nul de P∩V. Comme dim(P∩V) = 1, ce vecteur forme une base.

Une base de P∩V est Bp∩v = {(-1, 1, -1, 1)}.

5. P et W sont-ils supplémentaires dans R^4 ?

Soit v3 = (1, 1, 0, 0). On note W = Vect({v1, v3}). (Note : v1 ici est le même v1 = (1,1,1,1) du début de l'exercice).

Pour que P et W soient supplémentaires dans R^4, il faut que P+W = R^4 et P∩W = {0}.

dim(P) = 2. Les vecteurs v1 = (1,1,1,1) et v3 = (1,1,0,0) ne sont pas colinéaires, donc dim(W) = 2.

Considérons la famille {u1, u2, v1, v3} issue des bases de P et W. Nous vérifions si elle est libre.

αu1 + βu2 + γv1 + δv3 = 0

α(1, -2, 1, 0) + β(0, -1, 0, 1) + γ(1, 1, 1, 1) + δ(1, 1, 0, 0) = (0, 0, 0, 0)

Le système d'équations est :

1. α + γ + δ = 0

2. -2α - β + γ + δ = 0

3. α + γ = 0

4. β + γ = 0

De (3), α = -γ.

De (4), β = -γ.

Substituons α dans (1) : -γ + γ + δ = 0 => δ = 0.

Substituons α, β, γ, δ dans (2) : -2(-γ) - (-γ) + γ + 0 = 0 => 2γ + γ + γ = 0 => 4γ = 0 => γ = 0.

Puisque γ = 0, nous avons α = 0, β = 0, δ = 0.

Cela signifie que la famille {u1, u2, v1, v3} est linéairement indépendante.

Donc dim(P+W) = 4, ce qui implique P+W = R^4.

De plus, dim(P∩W) = dim(P) + dim(W) - dim(P+W) = 2 + 2 - 4 = 0, donc P∩W = {0}.

Puisque P+W = R^4 et P∩W = {0}, P et W sont supplémentaires dans R^4.

6. Décomposition d'un vecteur u en v ∈ P et w ∈ W

Puisque R^4 = P ⊕ W (somme directe), tout vecteur u = (x1, x2, x3, x4) ∈ R^4 peut être décomposé de manière unique en v ∈ P et w ∈ W, tel que u = v + w.

v = αu1 + βu2 et w = γv1 + δv3.

(x1, x2, x3, x4) = α(1, -2, 1, 0) + β(0, -1, 0, 1) + γ(1, 1, 1, 1) + δ(1, 1, 0, 0)

Ce qui donne le système d'équations (le même que pour la question 5, mais avec un second membre non nul) :

1. α + γ + δ = x1

2. -2α - β + γ + δ = x2

3. α + γ = x3

4. β + γ = x4

De (3), α = x3 - γ.

De (4), β = x4 - γ.

Substituons dans (1) : (x3 - γ) + γ + δ = x1 => x3 + δ = x1 => δ = x1 - x3.

Substituons α, β, γ, δ dans (2) :

-2(x3 - γ) - (x4 - γ) + γ + (x1 - x3) = x2

-2x3 + 2γ - x4 + γ + γ + x1 - x3 = x2

4γ + x1 - 3x3 - x4 = x2

4γ = x2 - x1 + 3x3 + x4

γ = (x2 - x1 + 3x3 + x4) / 4

Maintenant, nous pouvons trouver α, β, δ :

α = x3 - (x2 - x1 + 3x3 + x4) / 4 = (4x3 - x2 + x1 - 3x3 - x4) / 4 = (x1 - x2 + x3 - x4) / 4

β = x4 - (x2 - x1 + 3x3 + x4) / 4 = (4x4 - x2 + x1 - 3x3 - x4) / 4 = (x1 - x2 - 3x3 + 3x4) / 4

δ = x1 - x3

Enfin, les vecteurs v et w sont :

v = ((x1 - x2 + x3 - x4) / 4)u1 + ((x1 - x2 - 3x3 + 3x4) / 4)u2

w = ((x2 - x1 + 3x3 + x4) / 4)v1 + (x1 - x3)v3

Exercice 3

Soit A(X) = (X^2+1)(X^3+1).

1. Factorisation de A en polynômes irréductibles dans R[X]

Nous savons que X^3+1 est factorisable comme (X+1)(X^2-X+1).

Les facteurs irréductibles dans R[X] sont :

  • X^2+1 (discriminant négatif, Δ = -4)
  • X+1 (polynôme de degré 1)
  • X^2-X+1 (discriminant négatif, Δ = (-1)^2 - 4(1)(1) = 1-4 = -3)

Donc, la factorisation de A(X) en polynômes irréductibles dans R[X] est :

A(X) = (X^2+1)(X+1)(X^2-X+1)

2. Existence de U et V (identité de Bézout)

Il faut justifier l'existence de deux polynômes U et V tels que (X^2+1)U + (X^3+1)V = 1.

Ceci est l'identité de Bézout. Pour qu'une telle identité existe, les polynômes (X^2+1) et (X^3+1) doivent être premiers entre eux (leur P.G.C.D. doit être 1).

  • Les racines de X^2+1 sont i et -i.
  • Les racines de X^3+1 sont -1, e^(iπ/3) = 1/2 + i√3/2 et e^(-iπ/3) = 1/2 - i√3/2.

Aucune de ces racines n'est commune. Les polynômes X^2+1 et X^3+1 n'ont pas de facteurs irréductibles communs dans R[X] (ou C[X]).

Par conséquent, ils sont premiers entre eux. D'après le théorème de Bézout pour les polynômes, il existe des polynômes U(X) et V(X) tels que (X^2+1)U(X) + (X^3+1)V(X) = 1.

3. Forme de la décomposition en éléments simples de F(X)

Soit F(X) = 1 / ((X^2+1)(X^3+1)).

En utilisant la factorisation irréductible de A(X) : F(X) = 1 / ((X^2+1)(X+1)(X^2-X+1)).

La forme générale de la décomposition en éléments simples dans R(X) est :

F(X) = a/(X+1) + (BX+C)/(X^2+1) + (DX+E)/(X^2-X+1)

4. Décomposition complète de F(X) dans R(X)

Calcul des coefficients :

Pour 'a' (pôle simple X=-1) :

a = [ (X+1)F(X) ] évalué en X=-1 = 1 / ((X^2+1)(X^2-X+1)) évalué en X=-1

a = 1 / ( ((-1)^2+1)((-1)^2-(-1)+1) ) = 1 / ( (1+1)(1+1+1) ) = 1 / (2 * 3) = 1/6

Pour BX+C (pôles complexes i, -i) : Multiplions F(X) par (X^2+1) et évaluons en X=i.

BX+C évalué en X=i donne Bi+C.

Bi+C = [ (X^2+1)F(X) ] évalué en X=i = 1 / ((X+1)(X^2-X+1)) évalué en X=i

Bi+C = 1 / ((i+1)(i^2-i+1)) = 1 / ((i+1)(-1-i+1)) = 1 / ((i+1)(-i))

Bi+C = 1 / (-i^2-i) = 1 / (1-i) = (1+i) / ((1-i)(1+i)) = (1+i) / 2 = 1/2 + (1/2)i

Par identification : C = 1/2 et B = 1/2.

Pour DX+E (pôles complexes conjugués de X^2-X+1) :

Utilisons des valeurs numériques :

Évaluons F(0) :

F(0) = 1 / ((0^2+1)(0^3+1)) = 1 / (1*1) = 1

En utilisant la décomposition : F(0) = a/(0+1) + (B*0+C)/(0^2+1) + (D*0+E)/(0^2-0+1) = a + C + E

1 = 1/6 + 1/2 + E

1 = 1/6 + 3/6 + E

1 = 4/6 + E = 2/3 + E

Donc, E = 1 - 2/3 = 1/3.

Évaluons F(1) :

F(1) = 1 / ((1^2+1)(1^3+1)) = 1 / (2*2) = 1/4

En utilisant la décomposition : F(1) = a/2 + (B+C)/2 + (D+E)/1

1/4 = (1/6)/2 + (1/2+1/2)/2 + D + 1/3

1/4 = 1/12 + 1/2 + D + 1/3

1/4 = 1/12 + 6/12 + D + 4/12

1/4 = 11/12 + D

D = 1/4 - 11/12 = 3/12 - 11/12 = -8/12 = -2/3.

La décomposition en éléments simples de F(X) est donc :

F(X) = 1 / (6(X+1)) + (X+1) / (2(X^2+1)) + ((-2/3)X + 1/3) / (X^2-X+1)

F(X) = 1 / (6(X+1)) + (X+1) / (2(X^2+1)) + (1-2X) / (3(X^2-X+1))

5. Détermination explicite d'un couple (U, V) satisfaisant (1*)

Nous avons F(X) = 1 / ((X^2+1)(X^3+1)).

Donc, 1 = (X^2+1)(X^3+1)F(X).

Substituons la décomposition de F(X) :

1 = (X^2+1)(X^3+1) [ a/(X+1) + (BX+C)/(X^2+1) + (DX+E)/(X^2-X+1) ]

1 = (X^2+1)(X^3+1)a/(X+1) + (X^3+1)(BX+C) + (X^2+1)(X^3+1)(DX+E)/(X^2-X+1)

En utilisant X^3+1 = (X+1)(X^2-X+1) :

1 = (X^2+1)(X^2-X+1)a + (X^3+1)(BX+C) + (X^2+1)(X+1)(DX+E)

Nous cherchons (X^2+1)U + (X^3+1)V = 1.

Par identification, nous pouvons choisir :

U(X) = a(X^2-X+1) + (X+1)(DX+E)

V(X) = BX+C

Substituons les valeurs des coefficients :

V(X) = (1/2)X + 1/2

U(X) = (1/6)(X^2-X+1) + (X+1)((-2/3)X + 1/3)

U(X) = (1/6)(X^2-X+1) + (1/3)(X+1)(1-2X)

U(X) = (1/6)(X^2-X+1) + (1/3)(-2X^2-X+1)

U(X) = (1/6)X^2 - (1/6)X + 1/6 - (2/3)X^2 - (1/3)X + 1/3

U(X) = (1/6 - 4/6)X^2 + (-1/6 - 2/6)X + (1/6 + 2/6)

U(X) = (-3/6)X^2 + (-3/6)X + (3/6)

U(X) = (-1/2)X^2 - (1/2)X + 1/2

Donc, un couple (U, V) est :

U(X) = (-1/2)X^2 - (1/2)X + 1/2

V(X) = (1/2)X + 1/2

6. Problème de congruence polynomiale

On cherche un polynôme B(X) ∈ R[X] tel que :

B(X) ≡ -2 [ (X^2+1) ] (c'est-à-dire X^2+1 divise B(X)+2)

B(X) ≡ -1 [ (X^3+1) ] (c'est-à-dire X^3+1 divise B(X)+1)

D'après la question 2, les polynômes P1(X) = X^2+1 et P2(X) = X^3+1 sont premiers entre eux. Le théorème des restes chinois pour les polynômes garantit l'existence et l'unicité d'une solution B(X) modulo P1(X)P2(X).

Nous utilisons l'identité de Bézout de la question 5 : P1(X)U(X) + P2(X)V(X) = 1.

Une solution particulière B(X) est donnée par la formule :

B(X) = r1(X)P2(X)V(X) + r2(X)P1(X)U(X)

Avec r1(X) = -2 et r2(X) = -1.

B(X) = (-2)(X^3+1)V(X) + (-1)(X^2+1)U(X)

En utilisant U(X) = (-1/2)X^2 - (1/2)X + 1/2 et V(X) = (1/2)X + 1/2 :

B(X) = (-2)(X^3+1)((1/2)X + 1/2) + (-1)(X^2+1)((-1/2)X^2 - (1/2)X + 1/2)

B(X) = -(X^3+1)(X+1) + (1/2)(X^2+1)(X^2+X-1)

Vérifions cette solution :

B(X) + 2 = -(X^3+1)(X+1) + (1/2)(X^2+1)(X^2+X-1) + 2

Puisque P1(X)U(X) + P2(X)V(X) = 1, on a :

B(X) + 2 = (-2)P2V + (-1)P1U + 2(P1U + P2V) (on remplace 1 par P1U+P2V)

B(X) + 2 = (-2)P2V - P1U + 2P1U + 2P2V

B(X) + 2 = P1U

Donc B(X)+2 est divisible par P1(X) = X^2+1. Ceci est vérifié.

B(X) + 1 = (-2)P2V - P1U + 1(P1U + P2V)

B(X) + 1 = (-2)P2V - P1U + P1U + P2V

B(X) + 1 = -P2V

Donc B(X)+1 est divisible par P2(X) = X^3+1. Ceci est vérifié.

Oui, un tel polynôme B(X) peut être déterminé. Par exemple, un tel polynôme est :

B(X) = -(X^3+1)(X+1) + (1/2)(X^2+1)(X^2+X-1)

Développons pour obtenir la forme explicite :

B(X) = -(X^4 + X^3 + X + 1) + (1/2)(X^4 + X^3 - X^2 + X^2 + X - 1)

B(X) = -X^4 - X^3 - X - 1 + (1/2)X^4 + (1/2)X^3 + (1/2)X - 1/2

B(X) = (-1/2)X^4 - (1/2)X^3 - (1/2)X - 3/2

Exercice 4

Soit B = (e1, e2, e3) la base canonique de R^3. On considère les applications linéaires f et g de R^3 dans R^3 définies par :

f(x, y, z) = (x + z, 2y - z, x)

g(e1) = e1 + e3

g(e2) = 2e2 - e3

g(e3) = e1

1. f = g ?

Pour vérifier si f = g, nous comparons l'action de f et g sur la base canonique B.

Images par f :

  • f(e1) = f(1,0,0) = (1+0, 2(0)-0, 1) = (1,0,1)
  • f(e2) = f(0,1,0) = (0+0, 2(1)-0, 0) = (0,2,0)
  • f(e3) = f(0,0,1) = (0+1, 2(0)-1, 0) = (1,-1,0)

Images par g :

  • g(e1) = e1 + e3 = (1,0,1)
  • g(e2) = 2e2 - e3 = (0,2,0) - (0,0,1) = (0,2,-1)
  • g(e3) = e1 = (1,0,0)

Comparaison :

  • f(e1) = g(e1) = (1,0,1)
  • f(e2) = (0,2,0) et g(e2) = (0,2,-1). Ces vecteurs sont différents.

Puisque f(e2) ≠ g(e2), les applications f et g ne sont pas égales.

2. Image de la base canonique par h = 2f-g

L'application linéaire h est définie par h = 2f - g. Pour trouver l'image de la base canonique B par h, nous calculons h(ei) pour chaque vecteur de base :

  • h(e1) = 2f(e1) - g(e1) = 2(1,0,1) - (1,0,1) = (2,0,2) - (1,0,1) = (1,0,1)
  • h(e2) = 2f(e2) - g(e2) = 2(0,2,0) - (0,2,-1) = (0,4,0) - (0,2,-1) = (0,2,1)
  • h(e3) = 2f(e3) - g(e3) = 2(1,-1,0) - (1,0,0) = (2,-2,0) - (1,0,0) = (1,-2,0)

L'image de la base B par h est {(1,0,1), (0,2,1), (1,-2,0)}.

3. Coordonnées de h(x,y,z) dans la base B

Pour tout vecteur u = (x,y,z) ∈ R^3, u = xe1 + ye2 + ze3.

Par linéarité, h(u) = h(xe1 + ye2 + ze3) = xh(e1) + yh(e2) + zh(e3).

h(x,y,z) = x(1,0,1) + y(0,2,1) + z(1,-2,0)

h(x,y,z) = (x + z, 2y - 2z, x + y)

Les coordonnées de h(x,y,z) dans la base B sont (x+z, 2y-2z, x+y).

4. Matrices Mf et Mg de f et g dans la base B

La matrice d'une application linéaire dans la base canonique a pour colonnes les images des vecteurs de la base canonique.

Matrice de f (Mf) :

Mf =

((1, 0, 1),

(0, 2, -1),

(1, 0, 0))

Matrice de g (Mg) :

Mg =

((1, 0, 1),

(0, 2, -1),

(1, 0, 0))

5. Calcul de la matrice Mh par trois méthodes

Méthode 1 : Utilisation des matrices Mf et Mg

Puisque h = 2f - g, la matrice de h est Mh = 2Mf - Mg.

2Mf = ((2, 0, 2), (0, 4, 0), (2, -2, 0))

Mg = ((1, 0, 1), (0, 2, -1), (1, 0, 0))

Mh = 2Mf - Mg = ((2-1, 0-0, 2-1), (0-0, 4-2, 0-(-1)), (2-1, -2-0, 0-0))

Mh = ((1, 0, 1), (0, 2, 1), (1, -2, 0))

Méthode 2 : Utilisation des images des vecteurs de base par h

Les colonnes de Mh sont les coordonnées de h(e1), h(e2), h(e3) dans la base B (calculées en Q2).

h(e1) = (1,0,1)

h(e2) = (0,2,1)

h(e3) = (1,-2,0)

Mh =

((1, 0, 1),

(0, 2, 1),

(1, -2, 0))

Ce résultat est cohérent avec la Méthode 1.

Méthode 3 : Utilisation de l'expression h(x,y,z)

Nous avons trouvé h(x,y,z) = (x+z, 2y-2z, x+y) en Q3.

La matrice associée à cette transformation linéaire est obtenue en plaçant les coefficients de x, y, z dans chaque composante en colonnes :

Pour la première composante (x+z) : (1, 0, 1)

Pour la deuxième composante (2y-2z) : (0, 2, -2)

Pour la troisième composante (x+y) : (1, 1, 0)

Mh =

((1, 0, 1),

(0, 2, -2),

(1, 1, 0))

Ce résultat est différent des méthodes 1 et 2. Cela indique une incohérence dans l'énoncé de l'exercice ou mes calculs intermédiaires. Vérifions la détermination de h(x,y,z).

h(x,y,z) = 2f(x,y,z) - g(x,y,z)

g(x,y,z) = x g(e1) + y g(e2) + z g(e3)

= x(1,0,1) + y(0,2,-1) + z(1,0,0)

= (x+z, 2y-z, x)

Donc, h(x,y,z) = 2(x+z, 2y-z, x) - (x+z, 2y-z, x)

= (2(x+z)-(x+z), 2(2y-z)-(2y-z), 2x-x)

= (x+z, 2y-z, x)

Cette méthode indique que h(x,y,z) = f(x,y,z). La matrice Mh serait donc Mf.

Reprenons à nouveau. Il semble que mon calcul initial `f=g` était correct, ce qui signifie `Mf=Mg` et donc `h=f`. La divergence dans les résultats est profonde. Je vais m'en tenir à la première interprétation rigoureuse `f=g` car les matrices `Mf` et `Mg` sont identiques si on se base sur les définitions textuelles des fonctions `f` et `g`.

Révision complète de Exercice 4 basée sur `f=g`:

1. f = g ?

Calculons g(x,y,z) à partir de ses images des vecteurs de base :

g(x,y,z) = x g(e1) + y g(e2) + z g(e3)

g(x,y,z) = x(1,0,1) + y(0,2,-1) + z(1,0,0)

g(x,y,z) = (x+z, 2y-z, x)

Comparons avec f(x,y,z) = (x+z, 2y-z, x).

On constate que f(x,y,z) = g(x,y,z) pour tout (x,y,z) ∈ R^3.

Donc, f = g.

2. Image de la base canonique par h = 2f-g

Puisque f = g, nous avons h = 2f - f = f.

L'image de la base canonique par h est donc l'image de la base canonique par f :

  • h(e1) = f(e1) = (1,0,1)
  • h(e2) = f(e2) = (0,2,0)
  • h(e3) = f(e3) = (1,-1,0)

L'image de la base B par h est {(1,0,1), (0,2,0), (1,-1,0)}.

3. Coordonnées de h(x,y,z) dans la base B

Puisque h = f, les coordonnées de h(x,y,z) sont celles de f(x,y,z).

h(x,y,z) = (x + z, 2y - z, x)

4. Matrices Mf et Mg de f et g dans la base B

Matrice de f (Mf) :

Mf =

((1, 0, 1),

(0, 2, -1),

(1, 0, 0))

Matrice de g (Mg) :

Puisque f = g, Mg = Mf.

Mg =

((1, 0, 1),

(0, 2, -1),

(1, 0, 0))

5. Calcul de la matrice Mh par trois méthodes

Puisque h = f, la matrice de h est Mh = Mf.

Mh =

((1, 0, 1),

(0, 2, -1),

(1, 0, 0))

Méthode 1 : Mh = 2Mf - Mg

Puisque Mf = Mg, Mh = 2Mf - Mf = Mf.

Mh = ((1, 0, 1), (0, 2, -1), (1, 0, 0))

Méthode 2 : Utilisation des images des vecteurs de base par h (calculées en Q2)

Les colonnes de Mh sont h(e1), h(e2), h(e3) :

h(e1) = (1,0,1)

h(e2) = (0,2,0)

h(e3) = (1,-1,0)

Mh = ((1, 0, 1), (0, 2, -1), (1, 0, 0))

Méthode 3 : Utilisation de l'expression h(x,y,z) (calculée en Q3)

h(x,y,z) = (x+z, 2y-z, x).

La matrice associée à cette expression est :

Mh = ((1, 0, 1), (0, 2, -1), (1, 0, 0))

Toutes les méthodes donnent le même résultat, ce qui confirme la cohérence de la nouvelle interprétation.

FAQ (Foire Aux Questions)

1. Comment factoriser un polynôme en facteurs irréductibles dans R[X] ?

Pour factoriser un polynôme dans R[X], on recherche ses racines réelles. Chaque racine réelle 'r' donne un facteur (X-r). Une fois toutes les racines réelles trouvées, le polynôme restant sera un produit de facteurs quadratiques irréductibles de la forme (aX^2 + bX + c) où le discriminant b^2 - 4ac est négatif. Les polynômes de degré 1 sont toujours irréductibles.

2. Qu'est-ce que l'identité de Bézout pour les polynômes et à quoi sert-elle ?

L'identité de Bézout stipule que si deux polynômes P(X) et Q(X) sont premiers entre eux (c'est-à-dire que leur P.G.C.D. est un polynôme constant non nul), alors il existe des polynômes U(X) et V(X) tels que P(X)U(X) + Q(X)V(X) = 1. Cette identité est fondamentale pour la décomposition en éléments simples de fractions rationnelles et la résolution de systèmes de congruences polynomiales (Théorème des Restes Chinois).

3. Comment déterminer si deux sous-espaces vectoriels sont supplémentaires ?

Deux sous-espaces vectoriels E et F d'un espace vectoriel V sont supplémentaires si deux conditions sont remplies : 1) leur somme est égale à l'espace entier (E+F = V) et 2) leur intersection est réduite au vecteur nul (E ∩ F = {0}). Si V est de dimension finie, cela équivaut à vérifier que la dimension de E plus la dimension de F est égale à la dimension de V (dim(E) + dim(F) = dim(V)) et que E ∩ F = {0}.

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