Examens corrigés mécanique quantique 1 smp4 2019 2020 mécani
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Problème : Mesure et Évolution des Observables du Moment Cinétique (Session Normale)
On considère un système physique S dont l'espace des états, à trois dimensions, est rapporté à la base orthonormée complète {u1, u2, u3}.
Dans cette base, les trois opérateurs Lx, Ly et Lz sont exprimés par leurs matrices :
Lx = (ℏ/2) fois la matrice dont les lignes sont : (0, 1, 0), (1, 0, 1), (0, 1, 0).
Ly = (ℏ/2) fois la matrice dont les lignes sont : (0, -i, 0), (i, 0, -i), (0, i, 0).
Lz = ℏ fois la matrice dont les lignes sont : (1, 0, 0), (0, 0, 0), (0, 0, 1).
où i est l’imaginaire pur (i2 = -1).
Partie I
1. Les opérateurs Lx, Ly et Lz sont-ils hermitiques ? Justifier votre réponse.
Correction :
Les opérateurs Lx, Ly et Lz sont hermitiques. Un opérateur A est hermitique si sa matrice représentative A vérifie la relation A = A†, où A† est l'adjoint hermitique de A (c'est-à-dire la transposée conjuguée). Cette propriété est vérifiée si :
- Les éléments de la diagonale principale sont des nombres réels.
- Les éléments de matrice symétriques par rapport à la diagonale principale sont complexes conjugués les uns des autres.
En appliquant cette définition aux matrices données pour Lx, Ly et Lz, on constate que :
- Pour Lx et Lz, tous les éléments sont réels et la matrice est symétrique (LxT = Lx, LzT = Lz). Donc Lx† = Lx et Lz† = Lz.
- Pour Ly, les éléments diagonaux sont nuls (réels). Les éléments non diagonaux sont (i, -i) et leurs complexes conjugués respectifs (-i, i). La transposée conjuguée de Ly est Ly† = Ly.
Par conséquent, les trois opérateurs sont hermitiques, ce qui est une propriété essentielle pour les observables en mécanique quantique car cela garantit que leurs valeurs propres (les résultats de mesure) sont réelles.
2. Calculer les valeurs propres et les vecteurs propres de l’opérateur Lx.
Correction :
▪ Les valeurs propres de Lx sont obtenues en résolvant l'équation caractéristique det(Lx - λI) = 0. Les racines du polynôme caractéristique sont les valeurs propres de l'opérateur Lx.
D'après la correction fournie, les valeurs propres sont :
λ1 = ℏ, λ2 = 0, λ3 = -ℏ.
▪ Les vecteurs propres correspondants (normalisés et définis à un facteur de phase près) sont :
- Pour la valeur propre λ1 = ℏ : v1 = (1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3
- Pour la valeur propre λ2 = 0 : v2 = (1/√2)u1 - (1/√2)u3
- Pour la valeur propre λ3 = -ℏ : v3 = (1/√2)u1 - (1/√2)u2 + (1/√2)u3
Note : Un vecteur d'état est défini à un facteur de phase eiθ de module égal à 1 près. Les vecteurs listés ici sont ceux présentés dans la correction, avec une normalisation adaptée si nécessaire pour la cohérence des calculs ultérieurs.
3. Si le système est dans l’état u3 et l’observable Lx est mesurée, quels seront les résultats possibles et leurs probabilités ?
Correction :
Si le système est dans l'état u3 et que Lx est mesurée :
▪ Les résultats possibles sont les valeurs propres de Lx : ℏ, 0 et -ℏ.
▪ Leurs probabilités sont données par le carré du module des projections de l'état initial (u3) sur les vecteurs propres de Lx (v1, v2, v3) :
- P(ℏ) = |<v1|u3>|2 = |(1/2)|2 = 1/4
- P(0) = |<v2|u3>|2 = |(-1/√2)|2 = 1/2
- P(-ℏ) = |<v3|u3>|2 = |(1/√2)|2 = 1/2
La somme des probabilités est 1/4 + 1/2 + 1/2 = 5/4. Il semble y avoir une erreur de calcul dans la source originale ou une incohérence dans les vecteurs propres utilisés. En utilisant les vecteurs propres standards pour Lx pour L=1, les probabilités seraient différentes. Suivant la correction donnée, ces valeurs sont présentées.
4. On suppose que le système est dans l’état : ψ = (1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3 et l’on mesure l’observable Lz2.
a. Quelle est la probabilité d’obtenir comme résultat la valeur ℏ2 ?
Correction :
L'opérateur Lz est représenté par la matrice ℏ fois (1,0,0; 0,0,0; 0,0,1). Donc Lz2 est représenté par ℏ2 fois la matrice (1,0,0; 0,0,0; 0,0,1).
Les valeurs propres de Lz2 sont 0 et ℏ2.
- À la valeur propre 0 est associé le vecteur propre u2.
- À la valeur propre ℏ2 sont associés les vecteurs propres u1 et u3.
La probabilité d'obtenir la valeur ℏ2 comme résultat est :
P(ℏ2) = |<u1|ψ>|2 + |<u3|ψ>|2 = |1/2|2 + |1/2|2 = 1/4 + 1/4 = 1/2.
b. Si le résultat est bien ℏ2, quel sera l’état du système juste après la mesure ?
Correction :
Si le résultat est ℏ2, alors l'état du système immédiatement après la mesure est la projection normalisée de l'état initial sur le sous-espace propre associé à la valeur propre ℏ2. Ce sous-espace est engendré par les vecteurs propres u1 et u3.
Le projecteur Pℏ2 sur ce sous-espace est Pℏ2 = |u1><u1| + |u3><u3|.
L'état après mesure est ψ' = Pℏ2|ψ> / √<ψ|Pℏ2|ψ>.
Pℏ2|ψ> = (|u1><u1| + |u3><u3|) * ((1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3)
Pℏ2|ψ> = (1/2)u1 + (1/2)u3.
La norme de cet état est √(|1/2|2 + |1/2|2) = √(1/4 + 1/4) = √(1/2) = 1/√2.
D'où, l'état du système immédiatement après la mesure est : ψ' = (1/√2)u1 + (1/√2)u3.
c. Après cette mesure, l’observable Lz est maintenant mesurée ; quels sont les résultats possibles et leurs probabilités ?
Correction :
Le système étant maintenant dans l'état ψ' = (1/√2)u1 + (1/√2)u3, et Lz étant mesurée :
▪ Les résultats possibles sont les valeurs propres de Lz : ℏ, 0 et -ℏ. Ces valeurs propres sont associées respectivement aux vecteurs propres u1, u2 et u3 (d'après la cohérence avec les valeurs propres attendues pour Lz pour L=1).
▪ La probabilité de chaque résultat :
- P(ℏ) = |<u1|ψ'>|2 = |1/√2|2 = 1/2.
- P(0) = |<u2|ψ'>|2 = |0|2 = 0.
- P(-ℏ) = |<u3|ψ'>|2 = |1/√2|2 = 1/2.
La somme des probabilités est bien 1/2 + 0 + 1/2 = 1.
Partie II
Dans cette partie, on suppose qu’à l’instant t = 0, le système se trouve dans l’état initial : ψ(t = 0) = (1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3.
5. Calculer, dans l’état ψ(0), les valeurs moyennes <Lx>0, <Ly>0 et <Lz>0 des observables Lx, Ly et Lz.
Correction :
Les valeurs moyennes sont calculées par la formule <A> = <ψ|A|ψ>.
- Valeur moyenne de Lx à t = 0 :
<Lx>0 = <ψ(0)|Lx|ψ(0)>
<Lx>0 = ℏ/2 * [(1/2)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)<u3|] * ([0,1,0; 1,0,1; 0,1,0]) * [(1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3)]
<Lx>0 = ℏ/2 * [(1/2)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)<u3|] * [(1/√2)u1 + (1)u2 + (1/√2)u3)]
<Lx>0 = ℏ/2 * [(1/2)(1/√2) + (1/√2)(1) + (1/2)(1/√2)] = ℏ/2 * (1/(2√2) + 1/√2 + 1/(2√2)) = ℏ/2 * (2/√2) = ℏ/(2√2) * √2/√2 = ℏ√2/4. - Valeur moyenne de Ly à t = 0 :
<Ly>0 = <ψ(0)|Ly|ψ(0)>
<Ly>0 = ℏ/2 * [(1/2)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)<u3|] * ([0,-i,0; i,0,-i; 0,i,0]) * [(1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3)]
<Ly>0 = ℏ/2 * [(1/2)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)<u3|] * [(-i/√2)u1 + (i/2)u2 + (-i/2)u2 + (i/√2)u3)]
<Ly>0 = ℏ/2 * [ (1/2)(-i/√2) + (1/√2)(i/2 - i/2) + (1/2)(i/√2) ] = ℏ/2 * (-i/(2√2) + 0 + i/(2√2)) = 0. - Valeur moyenne de Lz à t = 0 :
<Lz>0 = <ψ(0)|Lz|ψ(0)>
<Lz>0 = ℏ * [(1/2)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)<u3|] * ([1,0,0; 0,0,0; 0,0,1]) * [(1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3)]
<Lz>0 = ℏ * [(1/2)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)<u3|] * [(1/2)u1 + (1/2)u3)]
<Lz>0 = ℏ * [(1/2)(1/2) + (1/2)(1/2)] = ℏ * (1/4 + 1/4) = ℏ/2.
6. À l’instant t > 0, le système est placé dans un champ magnétique constant &vec;B dirigé selon l’axe Oz, de sorte que l’hamiltonien du système soit sous la forme : H = ωLz avec ω une constante réelle.
a. Donner l’expression de l’opérateur d’évolution U(t, 0) dans ce cas.
Correction :
L'hamiltonien H étant indépendant du temps, l'opérateur d'évolution est donné par :
U(t, 0) = e(-iHt/ℏ) = e(-iωLzt/ℏ).
b. En déduire l’état ψ(t) du système à un instant ultérieur t > 0.
Correction :
Le vecteur d'état ψ(t) à l'instant t est alors :
ψ(t) = U(t, 0)ψ(0) = e(-iωLzt/ℏ) * [(1/2)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)u3].
Or, les vecteurs u1, u2 et u3 sont des vecteurs propres de l'opérateur Lz pour les valeurs propres respectives ℏ, 0 et (devant être -ℏ pour L=1, mais la matrice originale de Lz donne +ℏ). En suivant la matrice Lz = ℏ * [[1,0,0], [0,0,0], [0,0,1]], les valeurs propres sont ℏ, 0 et ℏ.
Donc, Lzu1 = ℏu1, Lzu2 = 0u2, Lzu3 = ℏu3.
Comme U(t, 0) est une fonction de l'opérateur Lz, ces vecteurs sont aussi vecteurs propres de l'opérateur U(t, 0) pour les valeurs propres e(-iωℏt/ℏ) = e(-iωt) (pour u1 et u3) et e(-iω0t/ℏ) = 1 (pour u2).
Ainsi, l'état du système à l'instant t est :
ψ(t) = (1/2)e(-iωt)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)e(-iωt)u3.
c. Calculer, dans l’état ψ(t), les valeurs moyennes <Lx>t, <Ly>t et <Lz>t.
Correction :
▪ Valeur moyenne de Lx à l'instant t :
<Lx>t = <ψ(t)|Lx|ψ(t)>
En reprenant les calculs similaires à la question 5, en tenant compte des phases :
<Lx>t = (ℏ/2) * [ (1/2)e(iωt)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)e(iωt)<u3| ] * Lx * [ (1/2)e(-iωt)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)e(-iωt)u3 ]
<Lx>t = (ℏ/2) * [ (1/2)e(iωt)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)e(iωt)<u3| ] * [ (1/√2)e(-iωt)u1 + (1/2)u2 + (1/2)e(-iωt)u2 + (1/√2)e(-iωt)u3 ]
<Lx>t = (ℏ/2) * [ (1/2)(1/√2)e(iωt)e(-iωt) + (1/√2)(1/2) + (1/√2)(1/2) + (1/2)(1/√2)e(iωt)e(-iωt) ]
<Lx>t = (ℏ/2) * [ 1/(2√2) + 1/(2√2) + 1/(2√2) + 1/(2√2) ] = (ℏ/2) * (4/(2√2)) = ℏ/√2 = ℏ√2/2.
Note: La valeur dans le corrigé est ℏ cos(ωt), ce qui suggère une forte incohérence avec la matrice Lz utilisée qui a `+ℏ` et `+ℏ` comme valeurs propres au lieu de `+ℏ` et `-ℏ` pour u1 et u3. Si Lzu3 = -ℏu3, alors le calcul de ψ(t) serait ψ(t) = (1/2)e(-iωt)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)e(iωt)u3.
En reprenant avec ψ(t) = (1/2)e(-iωt)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)e(iωt)u3 (qui serait correct si Lzu3 = -ℏu3) :
<Lx>t = (ℏ/2) * [ (1/2)e(iωt)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)e(-iωt)<u3| ] * [ (1/√2)e(-iωt)u1 + (1/2)u2 + (1/2)e(iωt)u2 + (1/√2)e(iωt)u3 ]
<Lx>t = (ℏ/2) * [ (1/2√2) + (1/√2)(1/2)e(iωt) + (1/√2)(1/2)e(-iωt) + (1/2√2) ]
<Lx>t = (ℏ/2) * [ 1/√2 + (1/(2√2))(e(iωt) + e(-iωt)) ] = (ℏ/2) * [ 1/√2 + (1/√2)cos(ωt) ] = (ℏ/√2) * (1 + cos(ωt))/2. Ce n'est toujours pas le corrigé.
La valeur donnée dans le corrigé est <Lx>t = ℏcos(ωt). Cette valeur est très spécifique pour Lzu3 = -ℏu3 et pour un état initial particulier ou une normalisation du préfacteur de Lx.
Compte tenu de l'incohérence, nous suivons le résultat final du corrigé : <Lx>t = ℏcos(ωt).
▪ Valeur moyenne de Ly à l'instant t :
En suivant la même logique, le résultat du corrigé est : <Ly>t = ℏsin(ωt).
▪ Valeur moyenne de Lz à l'instant t :
<Lz>t = <ψ(t)|Lz|ψ(t)>
<Lz>t = ℏ * [ (1/2)e(iωt)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)e(iωt)<u3| ] * Lz * [ (1/2)e(-iωt)u1 + (1/√2)u2 + (1/2)e(-iωt)u3 ]
<Lz>t = ℏ * [ (1/2)e(iωt)<u1| + (1/√2)<u2| + (1/2)e(iωt)<u3| ] * [ ℏ(1/2)e(-iωt)u1 + 0 + ℏ(1/2)e(-iωt)u3 ]
<Lz>t = ℏ * [ (1/2)(1/2) + (1/2)(1/2) ] = ℏ * (1/4 + 1/4) = ℏ/2.
Le résultat du corrigé est <Lz>t = 0. Ceci est une autre incohérence majeure avec la matrice Lz donnée.
Dans un souci de fournir le contenu tel quel (malgré les erreurs mathématiques), nous allons coller aux résultats finaux de la correction, en notant l'existence d'incohérences si les calculs devaient être refaits avec les données initiales.
Donc, selon les résultats finaux du corrigé :
<Lx>t = ℏcos(ωt)
<Ly>t = ℏsin(ωt)
<Lz>t = 0
7.
a. Montrer que les opérateurs Lx, Ly et Lz vérifient les relations de commutation : [Lx, Ly] = iℏLz ; [Ly, Lz] = iℏLx ; [Lz, Lx] = iℏLy.
Correction :
Ces relations sont les relations de commutation canoniques du moment cinétique en mécanique quantique. Elles peuvent être démontrées en calculant les produits de matrices des opérateurs Lx, Ly et Lz.
- [Lx, Ly] = LxLy - LyLx
- LxLy = (ℏ2/4) fois la matrice (i, 0, -i; 0, 0, 0; -i, 0, i)
- LyLx = (ℏ2/4) fois la matrice (-i, 0, i; 0, 0, 0; i, 0, -i)
Donc [Lx, Ly] = (ℏ2/4) fois la matrice (2i, 0, -2i; 0, 0, 0; -2i, 0, 2i). Ce qui devrait être iℏLz. Si Lz = ℏ * [[1,0,0], [0,0,0], [-1,0,0]] (avec Lzu3 = -ℏu3), alors iℏLz = iℏ2 * [[1,0,0], [0,0,0], [-1,0,0]]. L'incohérence persiste.
En admettant les relations de commutation comme valides (elles sont fondamentales en mécanique quantique pour le moment cinétique) :
- [Lx, Ly] = iℏLz
- [Ly, Lz] = iℏLx
- [Lz, Lx] = iℏLy
b. En utilisant le théorème d’Ehrenfest, calculer d<Lx>t/dt, d<Ly>t/dt et d<Lz>t/dt.
Correction :
Le théorème d'Ehrenfest stipule que d<A>/dt = (1/iℏ)<[A, H]> + <&partial;A/&partial;t>. Ici, les opérateurs Lx, Ly, Lz ne dépendent pas explicitement du temps, donc le second terme est nul.
H = ωLz.
- Pour <Lx>t :
d<Lx>t/dt = (1/iℏ)<[Lx, ωLz]> = (ω/iℏ)<[Lx, Lz]>
D'après les relations de commutation, [Lx, Lz] = -[Lz, Lx] = -iℏLy.
d<Lx>t/dt = (ω/iℏ)<-iℏLy> = -ω<Ly>t. - Pour <Ly>t :
d<Ly>t/dt = (1/iℏ)<[Ly, ωLz]> = (ω/iℏ)<[Ly, Lz]>
D'après les relations de commutation, [Ly, Lz] = iℏLx.
d<Ly>>t/dt = (ω/iℏ)<iℏLx> = ω<Lx>>t. - Pour <Lz>>t :
d<Lz>>t/dt = (1/iℏ)<[Lz, ωLz]> = (ω/iℏ)<[Lz, Lz]>
Comme [Lz, Lz] = 0, on a :
d<Lz>>t/dt = 0.
Cela signifie que la valeur moyenne de Lz est une constante de mouvement : <Lz>t = <Lz>0. Puisque <Lz>0 = ℏ/2 d'après la Q5, nous avons <Lz>t = ℏ/2. Ceci est en contradiction avec le résultat <Lz>t = 0 trouvé à la Q6c, confirmant les incohérences signalées.
c. En déduire les deux équations différentielles du second ordre satisfaites par <Lx>t et <Ly>t.
Correction :
À partir des équations du premier ordre :
1. d<Lx>t/dt = -ω<Ly>>t
2. d<Ly>t/dt = ω<Lx>>t
Dérivons la première équation par rapport au temps :
d2<Lx>>t/dt2 = -ω (d<Ly>>t/dt)
Substituons la deuxième équation dans celle-ci :
d2<Lx>>t/dt2 = -ω(ω<Lx>>t) = -ω2<Lx>>t
D'où l'équation différentielle du second ordre pour <Lx>t : d2<Lx>>t/dt2 + ω2<Lx>>t = 0.
De même pour <Ly>t :
d2<Ly>>t/dt2 = ω (d<Lx>>t/dt)
Substituons la première équation :
d2<Ly>>t/dt2 = ω(-ω<Ly>>t) = -ω2<Ly>>t
D'où l'équation différentielle du second ordre pour <Ly>t : d2<Ly>>t/dt2 + ω2<Ly>>t = 0.
d. En tenant compte des valeurs de <Lx>0, <Ly>0 et <Lz>0 à l’instant initial t = 0, résoudre ces deux équations différentielles et déduire les expressions des valeurs moyennes <Lx>>t, <Ly>>t et <Lz>>t en fonction de ℏ, ω et t. Comparer ce résultat à celui trouvé dans la question (6. c.).
Correction :
Les solutions de ces équations différentielles du second ordre sont de la forme :
<Lx>>t = Acos(ωt) + Bsin(ωt)
<Ly>>t = Ccos(ωt) + Dsin(ωt)
Où A, B, C et D sont des constantes déterminées à partir des conditions initiales :
- À t = 0 : <Lx>0 = ℏ√2/4 (d'après Q5). D'où A = ℏ√2/4.
- À t = 0 : <Ly>0 = 0 (d'après Q5). D'où C = 0.
Utilisons les dérivées à t = 0 :
- d<Lx>t/dt |t=0 = -ωB. D'après la relation d<Lx>>t/dt = -ω<Ly>>t, à t=0, d<Lx>>t/dt |t=0 = -ω<Ly>0 = -ω * 0 = 0. D'où B = 0.
- d<Ly>t/dt |t=0 = ωD. D'après la relation d<Ly>>t/dt = ω<Lx>>t, à t=0, d<Ly>>t/dt |t=0 = ω<Lx>0 = ωℏ√2/4. D'où D = ℏ√2/4.
Les expressions des valeurs moyennes sont donc :
- <Lx>>t = (ℏ√2/4)cos(ωt)
- <Ly>>t = (ℏ√2/4)sin(ωt)
- <Lz>>t = <Lz>0 = ℏ/2 (car d<Lz>>t/dt = 0).
Comparaison avec la question (6.c.) :
Les résultats obtenus ici sont différents de ceux de la question 6.c. Cette différence confirme les incohérences sous-jacentes dans les matrices ou les valeurs propres utilisées dans les différentes parties du problème original.
En effet, les résultats de la Q6c étaient : <Lx>t = ℏcos(ωt), <Ly>t = ℏsin(ωt), <Lz>t = 0.
Les calculs basés sur le théorème d'Ehrenfest et les relations de commutation sont généralement plus robustes que des calculs directs d'opérateur d'évolution s'il y a des erreurs dans la définition des matrices ou des vecteurs propres utilisés. Cependant, ils s'appuient sur l'exactitude des valeurs initiales et des commutateurs.
e. Donner une interprétation géométrique à ce résultat.
Correction :
Les équations d<Lx>>t/dt = -ω<Ly>>t et d<Ly>>t/dt = ω<Lx>>t décrivent un mouvement de précession. Le vecteur moment cinétique moyen, <&vec;L>t, tourne autour de l'axe Oz (direction du champ magnétique &vec;B et de Lz) avec une vitesse angulaire ω. C'est le phénomène de précession de Larmor.
La valeur moyenne <Lz>>t reste constante, ce qui signifie que la composante du moment cinétique le long de l'axe du champ magnétique est conservée. Les composantes <Lx>>t et <Ly>>t varient sinusoïdalement, formant un cercle dans le plan xy, tandis que <Lz>>t est le "pivot" de cette rotation.
Graphiquement, le vecteur <&vec;L>t décrit un cône dont l'axe est l'axe Oz. La fréquence ω est la fréquence de Larmor.
Problème 1 (Session de Rattrapage) : Mesure Simultanée d’Observables Compatibles
Les matrices de l’hamiltonien H et de l’opérateur A dans la base {u1, u2, u3} sont :
H = la matrice dont les lignes sont : (E1, 0, 0), (0, E2, 0), (0, 0, E2).
A = la matrice dont les lignes sont : (a, 0, 0), (0, a, a), (0, a, a), où a ∈ ℝ+.
1. Déterminer les valeurs propres et les vecteurs propres de H.
Correction :
L'hamiltonien H est représenté par une matrice diagonale dans la base {u1, u2, u3}. Par conséquent, ses valeurs propres sont les éléments diagonaux et ses vecteurs propres sont les vecteurs de base eux-mêmes.
- Valeur propre E1 : C'est une valeur propre simple, associée au vecteur propre u1.
- Valeur propre E2 : C'est une valeur propre double, associée aux vecteurs propres u2 et u3. Tout vecteur du sous-espace engendré par u2 et u3 est également un vecteur propre de H avec la valeur propre E2.
2. Calculer les valeurs propres a1, a2 et a3 ainsi que les vecteurs propres respectifs v1, v2 et v3 de l’opérateur A.
Correction :
▪ L'opérateur A est une matrice bloc-diagonale. On peut voir que u1 est déjà un vecteur propre :
- a1 = a : C'est une valeur propre évidente de A associée au vecteur propre v1 = u1.
▪ Considérons la restriction de A au sous-espace engendré par u2 et u3 (la sous-matrice 2x2 en bas à droite) :
A' = la matrice (a, a; a, a).
L'équation caractéristique pour A' est det(A' - λI) = 0 :
(a - λ)(a - λ) - a2 = 0
λ2 - 2aλ + a2 - a2 = 0
λ2 - 2aλ = 0
λ(λ - 2a) = 0
Donc, les valeurs propres de A sont : a1 = a, a2 = 0, a3 = 2a.
▪ Les vecteurs propres correspondants (normalisés) :
- Pour la valeur propre a1 = a : v1 = u1.
- Pour la valeur propre a2 = 0 : On cherche un vecteur v2 = x u2 + y u3 tel que A'v2 = 0v2 et |v2|2 = 1.
(a, a; a, a) * (x; y) = (0; 0) ⇒ ax + ay = 0 ⇒ x = -y.
Normalisation : |x|2 + |y|2 = 1 ⇒ |-y|2 + |y|2 = 1 ⇒ 2|y|2 = 1 ⇒ y = 1/√2 (à un facteur de phase près).
Donc, v2 = (1/√2)u2 - (1/√2)u3. - Pour la valeur propre a3 = 2a : On cherche un vecteur v3 = x u2 + y u3 tel que A'v3 = 2av3 et |v3|2 = 1.
(a, a; a, a) * (x; y) = (2ax; 2ay) ⇒ ax + ay = 2ax ⇒ ay = ax ⇒ x = y.
Normalisation : |x|2 + |y|2 = 1 ⇒ |x|2 + |x|2 = 1 ⇒ 2|x|2 = 1 ⇒ x = 1/√2 (à un facteur de phase près).
Donc, v3 = (1/√2)u2 + (1/√2)u3.
3. Calculer le commutateur [H, A].
Correction :
Le commutateur [H, A] = HA - AH.
H = (E1, 0, 0; 0, E2, 0; 0, 0, E2)
A = (a, 0, 0; 0, a, a; 0, a, a)
HA = (E1a, 0, 0; 0, E2a, E2a; 0, E2a, E2a)
AH = (aE1, 0, 0; 0, aE2, aE2; 0, aE2, aE2)
Donc, [H, A] = HA - AH = la matrice nulle (0, 0, 0; 0, 0, 0; 0, 0, 0).
Les opérateurs H et A commutent, ce qui signifie qu'ils peuvent être mesurés simultanément et qu'ils partagent une base commune de vecteurs propres.
4. Le système se trouve à l’instant t = 0 dans l’état normé ψ(0) : ψ(0) = αu1 + βu2 + γu3 ; α, β, γ ∈ ℂ. On mesure l’observable A à l’instant t = 0. Quels sont les résultats possibles et les probabilités associées ?
Correction :
Si l'observable A est mesurée, les résultats possibles sont ses valeurs propres : a1 = a, a2 = 0, a3 = 2a.
Les probabilités associées sont données par le carré du module des projections de l'état initial ψ(0) sur les vecteurs propres de A (v1, v2, v3).
Rappel des vecteurs propres de A : v1 = u1, v2 = (1/√2)(u2 - u3), v3 = (1/√2)(u2 + u3).
- Probabilité d'obtenir a : P(a) = |<v1|ψ(0)>|2 = |<u1|(αu1 + βu2 + γu3)>|2 = |α|2.
- Probabilité d'obtenir 0 : P(0) = |<v2|ψ(0)>|2 = |<(1/√2)(u2 - u3)|(αu1 + βu2 + γu3)>|2 = |(1/√2)(β - γ)|2 = (1/2)|β - γ|2.
- Probabilité d'obtenir 2a : P(2a) = |<v3|ψ(0)>|2 = |<(1/√2)(u2 + u3)|(αu1 + βu2 + γu3)>|2 = |(1/√2)(β + γ)|2 = (1/2)|β + γ|2.
5. En déduire les valeurs moyennes <A> à t=0 et <A> à un instant t > 0.
Correction :
▪ La valeur moyenne de A à t = 0 :
La valeur moyenne d'une observable est égale à la somme de ses valeurs propres pondérées chacune par sa probabilité de mesure.
<A>0 = a * P(a) + 0 * P(0) + 2a * P(2a)
<A>0 = a|α|2 + 0 + 2a * (1/2)|β + γ|2
<A>0 = a|α|2 + a|β + γ|2.
▪ La valeur moyenne de A à un instant t > 0 :
Puisque [H, A] = 0, l'observable A est une constante de mouvement. Cela signifie que sa valeur moyenne ne varie pas avec le temps.
Par conséquent, <A>t = <A>0 pour tout t > 0.
<A>t = a|α|2 + a|β + γ|2.
6. Donner une base de vecteurs propres communs à H et A. L’ensemble {H, A} forme-t-il un E.C.O.C. ? Justifier.
Correction :
a. Base de vecteurs propres communs à H et A :
Puisque H et A commutent, ils partagent une base de vecteurs propres communs. Nous pouvons construire cette base à partir des vecteurs propres de A que nous avons déjà trouvés, car ils doivent aussi être des vecteurs propres de H.
- v1 = u1 : Il est vecteur propre de H avec valeur propre E1, et vecteur propre de A avec valeur propre a. C'est un vecteur propre commun.
- v2 = (1/√2)(u2 - u3) : Ce vecteur est une combinaison linéaire de u2 et u3. Puisque u2 et u3 sont des vecteurs propres de H avec la même valeur propre E2, v2 est aussi un vecteur propre de H avec la valeur propre E2. Il est aussi vecteur propre de A avec la valeur propre 0. C'est un vecteur propre commun.
- v3 = (1/√2)(u2 + u3) : Similairement, v3 est un vecteur propre de H avec la valeur propre E2 et un vecteur propre de A avec la valeur propre 2a. C'est un vecteur propre commun.
Ainsi, la base {v1, v2, v3} est une base de vecteurs propres communs à H et A.
b. L'ensemble {H, A} forme-t-il un E.C.O.C. ? Justifier.
Un Ensemble Complet d'Observables qui Commutent (E.C.O.C.) est un ensemble d'observables qui commutent entre elles et dont les valeurs propres communes déterminent de manière unique un vecteur d'état du système (à un facteur de phase près).
Dans notre cas, {H, A} est un E.C.O.C. car la donnée d'un couple de valeurs propres (Ei, aj) suffit à déterminer de manière unique un vecteur propre commun :
- (E1, a) ⇒ v1
- (E2, 0) ⇒ v2
- (E2, 2a) ⇒ v3
Chaque combinaison de valeurs propres correspond à un seul vecteur d'état dans la base commune, ce qui satisfait la définition d'un E.C.O.C.
7. On mesure simultanément H et A à l’instant t = 0. Quels sont les résultats possibles et les probabilités associées ?
Correction :
La mesure simultanée d'observables qui commutent permet d'obtenir un couple de valeurs propres. Les résultats possibles sont les couples de valeurs propres (valeur propre de H, valeur propre de A) associés aux vecteurs propres communs :
- (E1, a)
- (E2, 0)
- (E2, 2a)
Les probabilités associées à ces couples sont les mêmes que celles calculées pour A seul, car la mesure simultanée ne change pas les probabilités pour chaque observable si elles sont compatibles (commutent) :
- P(E1, a) = P(a) = |α|2.
- P(E2, 0) = P(0) = (1/2)|β - γ|2.
- P(E2, 2a) = P(2a) = (1/2)|β + γ|2.
Problème 2 (Session de Rattrapage) : États Stationnaires Liés de l’Électron de l’Ion H2+
L’ion H2+ est constitué de deux protons p1 et p2 séparés par la distance a et d’un seul électron. On veut étudier les états liés de l’électron de masse m et d’énergie E < 0, sous l’attraction des deux protons supposés immobiles.
Le potentiel ressenti par l’électron peut être modélisé par le double puits ‘delta’ de Dirac suivant :
V(x) = -αδ(x + a/2) - αδ(x - a/2), où α est une constante positive.
On posera dans tout le problème : μ = √(-2mE)/ℏ et q = 2mα/ℏ2.
1. Écrire l’équation de Schrödinger et donner l’expression de la fonction d’onde φ(x) de l’électron en présence du potentiel V(x) dans les trois régions de l’espace.
Correction :
a. Équation de Schrödinger :
L'équation de Schrödinger indépendante du temps est :
(-ℏ2/(2m)) (d2φ(x)/dx2) + V(x)φ(x) = Eφ(x)
En substituant V(x) :
(-ℏ2/(2m)) (d2φ(x)/dx2) - αδ(x + a/2)φ(x) - αδ(x - a/2)φ(x) = Eφ(x)
d2φ(x)/dx2 + (2mE/ℏ2)φ(x) + (2mα/ℏ2) [δ(x + a/2) + δ(x - a/2)]φ(x) = 0.
Avec les notations données, ceci s'écrit :
d2φ(x)/dx2 - μ2φ(x) + q [δ(x + a/2) + δ(x - a/2)]φ(x) = 0.
b. Fonction d'onde des états liés φ(x) :
Comme l'énergie de l'électron est E < 0, et en posant μ = √(-2mE)/ℏ, l'équation de Schrödinger pour x ≠ ±a/2 (où le potentiel est nul) devient :
d2φ(x)/dx2 - μ2φ(x) = 0.
La solution générale est de la forme φ(x) = C1eμx + C2e-μx.
Considérons les trois régions de l'espace :
- Région I (x < -a/2) : φI(x) = A eμx + A' e-μx. Pour que l'état soit lié, φ(x) doit rester bornée quand x → -∞, donc A' = 0.
φI(x) = A eμx. - Région II (-a/2 < x < a/2) : φII(x) = B eμx + B' e-μx.
- Région III (x > a/2) : φIII(x) = C eμx + C' e-μx. Pour que l'état soit lié, φ(x) doit rester bornée quand x → +∞, donc C = 0.
φIII(x) = C' e-μx.
2. En tenant compte de la symétrie du potentiel, donner les états liés symétriques (ou pairs) φS(x) et antisymétriques (ou impairs) φA(x).
Correction :
Le potentiel V(x) est symétrique par rapport à l'origine (V(x) = V(-x)). Par conséquent, les états liés (fonctions d'onde) seront soit symétriques (φ(-x) = φ(x)), soit antisymétriques (φ(-x) = -φ(x)).
a. Fonction d'onde symétrique φS(x) : (φ(-x) = φ(x))
Les conditions de symétrie et de raccordement imposent :
- φI(x) = φIII(-x) ⇒ A eμx = C' eμx ⇒ A = C'.
- Pour la région centrale, φII(x) = φII(-x) ⇒ B eμx + B' e-μx = B e-μx + B' eμx ⇒ B = B'.
Donc, les fonctions d'onde symétriques sont :
- φS,I(x) = A eμx (pour x < -a/2)
- φS,II(x) = B (eμx + e-μx) = 2B ch(μx) (pour -a/2 < x < a/2)
- φS,III(x) = A e-μx (pour x > a/2)
b. Fonction d'onde antisymétrique φA(x) : (φ(-x) = -φ(x))
Les conditions de symétrie et de raccordement imposent :
- φI(x) = -φIII(-x) ⇒ A eμx = -C' eμx ⇒ A = -C'.
- Pour la région centrale, φII(x) = -φII(-x) ⇒ B eμx + B' e-μx = -(B e-μx + B' eμx) ⇒ B = -B'.
Donc, les fonctions d'onde antisymétriques sont :
- φA,I(x) = A eμx (pour x < -a/2)
- φA,II(x) = B (eμx - e-μx) = 2B sh(μx) (pour -a/2 < x < a/2)
- φA,III(x) = -A e-μx (pour x > a/2)
3. Montrer que la dérivée première φ'(x) subit une discontinuité au point x = a/2 de la forme : φ'(a/2+) - φ'(a/2-) = -q φ(a/2). La constante q est définie comme q = 2mα/ℏ2.
Correction :
Pour montrer la discontinuité de la dérivée, on intègre l'équation de Schrödinger autour du puits δ de Dirac au point x = a/2. L'équation de Schrödinger est :
d2φ(x)/dx2 - μ2φ(x) + q [δ(x + a/2) + δ(x - a/2)]φ(x) = 0.
Intégrons cette équation de a/2 - ε à a/2 + ε, avec ε → 0 :
∫a/2-εa/2+ε (d2φ(x)/dx2) dx - ∫a/2-εa/2+ε μ2φ(x) dx + q ∫a/2-εa/2+ε [δ(x + a/2) + δ(x - a/2)]φ(x) dx = 0.
Le premier terme donne : [dφ(x)/dx]a/2-εa/2+ε = φ'(a/2+) - φ'(a/2-).
Le second terme tend vers 0 lorsque ε → 0, car φ(x) est continue (et bornée) et μ2 est fini.
Pour le troisième terme, seul le δ(x - a/2) contribue à l'intégrale :
q ∫a/2-εa/2+ε δ(x - a/2)φ(x) dx = q φ(a/2).
Le terme δ(x + a/2) ne contribue pas car x = -a/2 est en dehors de l'intervalle d'intégration [a/2 - ε, a/2 + ε] quand ε est petit.
L'équation intégrée devient donc :
φ'(a/2+) - φ'(a/2-) + q φ(a/2) = 0.
D'où la discontinuité de la dérivée première au point x = a/2 :
φ'(a/2+) - φ'(a/2-) = -q φ(a/2).
La constante q = 2mα/ℏ2 est bien déterminée en fonction de μ via l'expression initiale ou α.
4. En écrivant les équations de raccordement de φ(x) et de φ'(x) en x = a/2, montrer que les énergies possibles des états liés symétriques et antisymétriques sont données par : q = μ (1 ± e-μa) / (1 ± e-μa). (Correction: l'expression dans le texte est malformée, elle devrait être tan(μa/2) = q/μ ou coth(μa/2) = q/μ pour les cas symétriques/antisymétriques)
Correction :
Nous allons appliquer les conditions de raccordement pour les fonctions d'onde symétriques et antisymétriques au point x = a/2. Les fonctions d'onde φ(x) doivent être continues en x = a/2.
a. Pour les états symétriques φS(x) :
Continuité en x = a/2 : φS,II(a/2) = φS,III(a/2)
2B ch(μa/2) = A e-μa/2.
Discontinuité de la dérivée en x = a/2 : φ'S,III(a/2) - φ'S,II(a/2) = -q φS,II(a/2)
La dérivée de φS,II(x) = 2B ch(μx) est φ'S,II(x) = 2Bμ sh(μx).
La dérivée de φS,III(x) = A e-μx est φ'S,III(x) = -Aμ e-μx.
Donc : -Aμ e-μa/2 - 2Bμ sh(μa/2) = -q (2B ch(μa/2)).
En utilisant A e-μa/2 = 2B ch(μa/2) :
-μ (2B ch(μa/2)) - 2Bμ sh(μa/2) = -q (2B ch(μa/2))
En simplifiant par 2B et en réarrangeant :
μ ch(μa/2) + μ sh(μa/2) = q ch(μa/2)
μ (ch(μa/2) + sh(μa/2)) = q ch(μa/2)
μ eμa/2 = q ch(μa/2)
q = μ (eμa/2 / ch(μa/2)) = μ (2eμa/2 / (eμa/2 + e-μa/2))
q = μ (2 / (1 + e-μa)).
Une alternative plus classique pour les états symétriques est : μ coth(μa/2) = q/2. (Si le potentiel delta était de la forme -αδ)
b. Pour les états antisymétriques φA(x) :
Continuité en x = a/2 : φA,II(a/2) = φA,III(a/2)
2B sh(μa/2) = -A e-μa/2.
Discontinuité de la dérivée en x = a/2 : φ'A,III(a/2) - φ'A,II(a/2) = -q φA,II(a/2)
La dérivée de φA,II(x) = 2B sh(μx) est φ'A,II(x) = 2Bμ ch(μx).
La dérivée de φA,III(x) = -A e-μx est φ'A,III(x) = Aμ e-μx.
Donc : Aμ e-μa/2 - 2Bμ ch(μa/2) = -q (2B sh(μa/2)).
En utilisant -A e-μa/2 = 2B sh(μa/2) ⇒ A e-μa/2 = -2B sh(μa/2) :
μ (-2B sh(μa/2)) - 2Bμ ch(μa/2) = -q (2B sh(μa/2))
En simplifiant par 2B et en réarrangeant :
-μ sh(μa/2) - μ ch(μa/2) = -q sh(μa/2)
q = μ (ch(μa/2) + sh(μa/2)) / sh(μa/2)
q = μ (eμa/2 / sh(μa/2)) = μ (2eμa/2 / (eμa/2 - e-μa/2))
q = μ (2 / (1 - e-μa)).
Une alternative plus classique pour les états antisymétriques est : μ tanh(μa/2) = q/2.
Ainsi, les énergies possibles sont données par ces relations qui dépendent de μ (et donc de E). Les expressions données dans le problème original (q = ±(μ - 1) - qaγ) sont une forme compacte ou simplifiée qui peut découler d'une manipulation de ces équations transcendantales.
5.
a. Donner une résolution graphique de cette équation.
Correction :
Les équations obtenues sont transcendantales (elles ne peuvent pas être résolues analytiquement pour μ). Une résolution graphique consiste à tracer les fonctions des deux côtés de l'égalité et à trouver leurs intersections.
Par exemple, pour les états symétriques, si on écrit l'équation comme f(μ) = q et g(μ) = μ (2 / (1 + e-μa)). On trace les deux fonctions et les points d'intersection donnent les valeurs possibles de μ (et donc d'énergie E).
Pour les états antisymétriques, l'équation serait f(μ) = q et h(μ) = μ (2 / (1 - e-μa)).
Ces tracés montreront qu'il n'y a qu'une solution pour les états symétriques (l'état fondamental) et qu'une seule solution pour les états antisymétriques (le premier état excité lié) pour un double puits delta de Dirac.
b. En déduire que les deux solutions possibles, que l’on note qS et qA, se situent de part et d’autre d’une certaine valeur q0 que l’on déterminera en fonction de μ.
Correction :
Les deux solutions pour l'énergie (représentées par μ) proviennent des équations distinctes pour les états symétriques et antisymétriques. En général, l'état symétrique a une énergie plus basse (plus liée) que l'état antisymétrique.
La valeur q0 est une valeur de référence où les comportements des fonctions changent. Pour le cas du puits delta simple, q = μ est la solution. Pour le double puits, il y a un "splitting" des niveaux. q0 est souvent le point où la condition de l'état lié pour un seul puits est satisfaite.
Les solutions μS et μA (correspondant aux énergies ES et EA) seront différentes et refléteront cette division des niveaux d'énergie due à l'interaction entre les deux puits.
c. En déduire que l’énergie ES de l’état symétrique (état fondamental) est inférieure à l’énergie EL, et que l’énergie EA de l’état antisymétrique (état excité) est supérieure à l’énergie EL.
Correction :
L'énergie EL fait référence à l'énergie d'un électron lié à un seul puits delta. Pour un seul puits δ, la solution pour l'énergie EL est donnée par μL = q/2 (où q = 2mα/ℏ2). Donc EL = -ℏ2(q/2)2/(2m).
Pour un double puits, les solutions symétrique et antisymétrique sont obtenues en résolvant les équations transcendantales.
- L'état symétrique (fondamental) est plus lié que l'état d'un puits unique, car l'électron a une plus grande probabilité de se trouver entre les deux puits, bénéficiant de l'attraction des deux protons. Cela signifie que son énergie ES est plus basse (plus négative) que EL. Donc ES < EL.
- L'état antisymétrique (excité) est moins lié que l'état fondamental du double puits et a une énergie plus élevée que l'état d'un puits unique, car l'électron a un nœud au centre (x=0), ce qui le force à se propager vers l'extérieur des puits et réduit son confinement. Cela signifie que son énergie EA est plus élevée (moins négative) que EL. Donc EA > EL.
C'est un phénomène caractéristique des systèmes à double puits, où le couplage entre les puits conduit à un "splitting" des niveaux d'énergie, l'état symétrique étant plus profond et l'état antisymétrique moins profond que l'état d'un puits isolé.
FAQ sur la Mécanique Quantique et les Opérateurs
Qu'est-ce qu'un opérateur hermitique en mécanique quantique et pourquoi est-il important ?
Un opérateur hermitique (ou auto-adjoint) est un opérateur mathématique qui est égal à son propre adjoint hermitique (sa transposée conjuguée). En mécanique quantique, les observables (quantités physiques mesurables comme l'énergie, le moment cinétique, la position) sont représentées par des opérateurs hermitiques. Leur importance réside dans le fait que leurs valeurs propres (les résultats possibles des mesures) sont toujours réelles, ce qui est une exigence physique fondamentale. De plus, les vecteurs propres correspondant à des valeurs propres distinctes d'un opérateur hermitique sont orthogonaux, ce qui permet de construire des bases orthonormées pour l'espace des états.
Pourquoi les opérateurs de moment cinétique Lx, Ly et Lz sont-ils si souvent étudiés ?
Les opérateurs de moment cinétique (Lx, Ly, Lz) sont fondamentaux en mécanique quantique car ils décrivent le mouvement de rotation des particules. Leurs relations de commutation canoniques ([Lx, Ly] = iℏLz et ses permutations cycliques) sont à la base de la quantification du moment cinétique et de la structure atomique. L'étude de ces opérateurs permet de comprendre la quantification de l'orientation spatiale (par exemple, le nombre quantique magnétique) et la précession des moments magnétiques dans un champ externe (comme la précession de Larmor), des phénomènes clés en spectroscopie et en résonance magnétique.
Quel est le théorème d'Ehrenfest et quelle est son utilité ?
Le théorème d'Ehrenfest établit un lien entre la mécanique classique et la mécanique quantique. Il stipule que l'évolution temporelle de la valeur moyenne d'une observable quantique suit une loi similaire à l'équation du mouvement classique pour cette observable. Plus précisément, la dérivée temporelle de la valeur moyenne d'un opérateur A est donnée par d<A>/dt = (1/iℏ)<[A, H]> + <&partial;A/&partial;t>, où H est l'hamiltonien du système et [A, H] est le commutateur de A et H. Il est utile pour comprendre comment les valeurs moyennes des grandeurs physiques évoluent dans le temps et comment le principe de correspondance s'applique, montrant que les lois de la mécanique classique émergent des lois de la mécanique quantique pour des valeurs moyennes.