Cours détailllé macroéconomie tous les chapitres pdf Macroéc

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Chapitre 1 : Le modèle d'équilibre macroéconomique ISLM

I) Introduction

Le modèle ISLM, créé par John Hicks, permet d'analyser simultanément les trois marchés qui décrivent l'équilibre global d'une économie : le marché du travail, le marché des biens et services (produits), et le marché des actifs financiers. Pour simplifier l'analyse, ce modèle est souvent étudié en économie fermée, sans relations avec l'extérieur.

Bien que les mécanismes économiques ne changent pas, l'introduction du modèle ISLM ajoute une complexité utile pour comprendre que les intuitions macroéconomiques peuvent s'étendre à une économie ouverte. Depuis les années 1990, ce modèle a été remplacé dans la recherche économique et les grandes institutions par des modèles plus formalisés, appelés modèles DGSE (d'équilibre général stochastique et dynamique). Malgré cette évolution, le modèle ISLM reste enseigné et parfois utilisé car il capture des idées fondamentales de la macroéconomie, souvent retrouvées dans des modèles plus avancés.

II) L'équilibre sur le marché du travail

L'équilibre sur ce marché est représenté par la droite PE (Production de Plein Emploi). Cette droite indique le niveau de production atteint lorsque l'offre de travail des individus est égale à la demande de travail des entreprises.

La production de plein emploi n'est pas influencée par le taux d'intérêt, ce qui explique la verticalité de la droite PE. Quel que soit le taux d'intérêt, la production assurant le plein emploi reste inchangée.

La position de la droite PE dépend de deux facteurs principaux :

  • La productivité du travail : une augmentation de la productivité décale la droite PE vers la droite, augmentant ainsi le niveau de production de plein emploi. Deux mécanismes expliquent cette hausse : d'une part, l'augmentation du salaire réel stimule l'offre de travail ; d'autre part, la productivité accrue permet de produire davantage pour une même quantité de travail.
  • L'offre de travail : une croissance de la population active augmente l'offre de travail, réduisant le salaire réel d'équilibre et accroissant le niveau d'emploi. La production de plein emploi est supposée constante à court terme, car ses variations dépendent de facteurs structurels de long terme.

III) L'équilibre sur le marché des produits : la relation IS

A) La dépense désirée

En économie fermée, la dépense globale désirée (demande globale) est la somme de trois composantes : consommation (C), investissement privé (I) et dépenses publiques (G). Elle s'exprime par l'équation : DG = C + I + G.

La consommation des ménages dépend de :

  • C0 : consommation autonome, constante indépendante du revenu courant. Elle reflète les anticipations des ménages sur leurs revenus futurs et les variations de leur richesse (patrimoine).
  • La consommation induite : fraction du revenu disponible (Y - T) que les ménages choisissent de consommer.

L'investissement privé dépend de :

  • i0 : investissement autonome, lié à l'optimisme des entrepreneurs. Plus les anticipations sont positives, plus i0 est élevé.
  • Le taux d'intérêt réel (r) : inversement proportionnel à l'investissement. Une hausse de r réduit les investissements, car le coût du financement augmente.

Les dépenses publiques (G) sont une variable exogène, déterminée arbitrairement par les pouvoirs publics.

B) L'équilibre sur le marché des biens et services

Le marché des biens et services est en équilibre lorsque la demande globale égale l'offre. L'équation IS en découle et se décompose en trois parties :

  • 1/(1 - c) : multiplicateur des dépenses, d'autant plus fort que la propension marginale à consommer (c) est élevée.
  • C0 + i0 + G - T : facteurs exogènes influençant la demande globale (consommation autonome, investissement autonome, dépenses publiques, impôts).
  • IrR : sensibilité de l'investissement au taux d'intérêt réel, avec une valeur négative car l'investissement diminue lorsque r augmente.

La relation IS représente toutes les combinaisons de revenu national (Y) et de taux d'intérêt réel (r) assurant l'équilibre du marché des produits. Elle est appelée IS car l'équilibre est atteint lorsque l'investissement (I) est égal à l'épargne (S).

C) La pente négative de la droite IS

La pente négative de la droite IS reflète la relation inverse entre le taux d'intérêt réel (r) et l'investissement. Une hausse de r réduit la demande globale, ce qui nécessite une baisse équivalente de la quantité produite pour maintenir l'équilibre.

La position de la droite IS dépend des variables exogènes (C0, i0, G, T). Un changement de ces variables déplace la courbe IS vers la gauche ou la droite :

  • Si les entrepreneurs deviennent plus optimistes, i0 augmente, déplaçant IS vers la droite (hausse de la demande globale).
  • À l'inverse, une baisse des anticipations ou des dépenses publiques déplace IS vers la gauche.

Un déplacement sur la droite IS mesure l'effet d'une variation de r sur Y, tandis qu'un déplacement de la droite IS reflète l'impact des variables exogènes sur l'équilibre entre r et Y.

IV) L'équilibre sur le marché des actifs : la droite LM

L'équilibre sur le marché des actifs est atteint lorsque la demande d'actifs par les détenteurs de richesse correspond à l'offre dans l'économie. Le modèle ISLM simplifie les actifs en deux catégories : monétaires et non-monétaires.

La relation inverse entre le taux d'intérêt et le prix des actifs non-monétaires (comme les obligations) s'explique par le rendement fixe des coupons. Une baisse du prix des obligations augmente leur rendement, ce qui fait monter le taux d'intérêt.

L'offre de monnaie est exogène, principalement contrôlée par la Banque Centrale, qui fixe la quantité nominale (Ms). L'offre réelle de monnaie est donnée par : Ms / P, où P est le niveau général des prix. La Banque Centrale maîtrise Ms mais pas parfaitement l'offre réelle, car celle-ci dépend aussi du taux d'inflation.

La demande de monnaie se divise en :

  • MDT : quantité de monnaie détenue pour financer les transactions.
  • MDP : quantité de monnaie conservée pour des dépenses imprévues.
  • MDS (ou L2) : quantité de monnaie détenue comme réserve de valeur (liquide), fonction décroissante du taux d'intérêt réel.

La demande totale de monnaie (L1) inclut MDT et MDP, dépendantes du revenu national (Y). Les agents conservent une fraction constante de leur revenu en monnaie pour les transactions et les précautions.

La demande de monnaie pour motif de spéculation (L2) dépend de :

  • L0 : demande autonome de monnaie, déterminée par la liquidité des actifs non-monétaires.
  • Br : sensibilité négative de la demande de monnaie au taux d'intérêt.

La relation LM traditionnelle s'obtient par l'égalité entre l'offre réelle de monnaie (Ms/P) et la demande de monnaie. Elle représente tous les couples (r, Y) assurant l'équilibre monétaire.

La droite LM a une pente positive car, pour un niveau donné de Ms/P et de L0, le taux d'intérêt d'équilibre (r) augmente avec le revenu national (Y). Une hausse de Y accroît la demande de monnaie pour transactions, réduisant le prix des actifs non-monétaires et faisant monter r. La baisse de la demande de monnaie pour spéculation compense alors la hausse de la demande pour transactions.

La position de LM dépend de deux éléments :

  • L'offre réelle de monnaie (Ms/P).
  • La demande de monnaie pour motif de spéculation (L0).

Un changement de ces variables déplace LM vers la gauche ou la droite :

  • Une baisse de Ms/P déplace LM vers la gauche (hausse de r).
  • Une hausse de L0 déplace LM vers la droite (baisse de r).

Un déplacement sur LM mesure l'effet d'une variation de Y sur r, tandis qu'un déplacement de LM reflète l'impact des variables exogènes (Ms/P, L0, L1) sur l'équilibre.

La relation LM moderne

Selon Olivier Blanchard, la version traditionnelle de LM est dépassée car elle suppose que la Banque Centrale contrôle l'offre de monnaie. Aujourd'hui, les banques centrales fixent un taux d'intérêt directeur et ajustent l'offre de monnaie pour l'atteindre, ce qui conduit à une droite LM horizontale.

V) L'équilibre ISLM

L'équilibre général du modèle ISLM est matérialisé par l'intersection des trois courbes : IS, LM et PE. Cependant, à court terme, l'économie peut être en équilibre partiel, où seuls les marchés des produits et des actifs sont simultanément en équilibre, tandis que le marché du travail ne l'est pas.

La logique du modèle ISLM consiste à calculer cet équilibre partiel, puis à vérifier sa compatibilité avec le plein emploi. Mathématiquement, l'équilibre ISLM se résout par un système de deux équations à deux inconnues (Y et r), en substituant les variables explicatives par leurs expressions.

Ce modèle reste largement enseigné pour plusieurs raisons :

  • Il permet de modéliser les effets macroéconomiques des changements des variables exogènes (politique budgétaire, anticipations des ménages, etc.).
  • Il est flexible et adaptable aux hypothèses des différents courants d'analyse macroéconomique (néoclassique ou néo-keynésien).
  • Les conclusions varient selon les hypothèses sur le rythme d'ajustement des prix.

Les néoclassiques estiment que les prix s'ajustent rapidement pour atteindre le plein emploi. Une baisse des prix, en maintenant Ms constante, augmente l'offre réelle de monnaie (Ms/P), ce qui réduit r et stimule l'investissement, augmentant la demande globale et la production.

FAQ

1. Pourquoi la droite PE est-elle verticale ?

La droite PE est verticale car la production de plein emploi ne dépend pas du taux d'intérêt. Elle reflète uniquement l'équilibre entre l'offre et la demande de travail, déterminé par la productivité et l'offre de travail.

2. Quels sont les facteurs exogènes influençant la demande globale dans le modèle ISLM ?

Les facteurs exogènes incluent la consommation autonome (C0), l'investissement autonome (i0), les dépenses publiques (G) et les impôts (T). Ces variables ne sont pas déterminées par le modèle mais influencent la demande globale.

3. Comment la Banque Centrale influence-t-elle le taux d'intérêt dans la version moderne de LM ?

Dans la version moderne de LM, la Banque Centrale fixe un taux d'intérêt directeur et ajuste l'offre de monnaie pour l'atteindre. Cela se traduit par une droite LM horizontale, où le taux d'intérêt est constant.

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