Ce document propose une série d'exercices corrigés sur les torseurs et glisseurs, concepts fondamentaux en mécanique du solide indéformable, destinés aux étudiants universitaires.
Il couvre les notions suivantes :
- Définition et propriétés des torseurs
- Caractérisation des glisseurs et des couples
- Calcul des éléments de réduction et des axes centraux
- Somme et équivalence de torseurs
Chaque exercice est accompagné d'une solution détaillée pour faciliter l'apprentissage.
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Cet article propose des exercices corrigés sur les torseurs et glisseurs, des concepts fondamentaux en mécanique du solide indéformable. Ces problèmes sont issus d'une série d'exercices de niveau universitaire.
Exercice 1
On considère dans l'espace R3 le champ de vecteurs : V(P) = (1 + 3y − tz, 3x − 2tz, 2 − tx + t3z − t2).
- Pour quelle valeur de t ce champ est-il un torseur ?
- Lorsque c’est un torseur, calculer sa résultante.
Solution Exercice 1
1) Le champ vectoriel V(P) est un torseur si l’application linéaire qui lui est associée est antisymétrique. Fixons un point A ∈ R3. L'application linéaire L associée au champ Vt, en prenant A = O (l'origine du repère R3), est définie par L(AP) = Vt(P) - Vt(A). Sa matrice dans la base (ex, ey, ez) de R3 est :
A = [[0, -3, t], [3, 0, -2t], [-t, 2t, 0]]
La matrice A est antisymétrique si et seulement si A = -AT. Cette condition implique 2t = 0, soit t = 0. Donc, le champ Vt(P) est un torseur si et seulement si t = 0.
2) La résultante R du torseur V0(P) (pour t=0) est calculée. Nous utilisons la Méthode 2 : R = (1/2) ∑i (ei ∧ L(ei)).
Pour t = 0, l'opérateur linéaire L tel que L(e1) = -3e2, L(e2) = 3e1, et L(e3) = 0. On a :
- e1 ∧ L(e1) = e1 ∧ (-3e2) = -3(e1 ∧ e2) = -3e3
- e2 ∧ L(e2) = e2 ∧ (3e1) = 3(e2 ∧ e1) = -3e3
- e3 ∧ L(e3) = e3 ∧ 0 = 0
D’où la somme ∑i (ei ∧ L(ei)) = -3e3 - 3e3 + 0 = -6e3.
Ainsi, la résultante du torseur est R = (1/2)(-6e3) = -3e3. Elle s'écrit (0, 0, -3) dans la base (ex, ey, ez).
Exercice 2
- Montrer qu’un torseur C = (R, U) est nul si et seulement si sa résultante générale est nulle et il existe un point C en lequel son moment est nul : C = (R, U) = 0 ⇔ R = 0 et ∃ C / U(C) = 0.
- Montrer que deux torseurs C1 = (R1, U1) et C2 = (R2, U2) sont égaux si et seulement si ils ont la même résultante générale et il existe un point C en lequel leurs moments sont égaux : C1 = C2 ⇔ R1 = R2 et ∃ C / U1(C) = U2(C).
- Soit F un vecteur lié (F ≠ 0) d’origine A, qu’on note (A, F). Montrer alors que le champ vectoriel M : P → M(P) = PA ∧ F est un torseur qu’on note CF = (F, M), et que ce torseur est un glisseur.
- Soit f(a) un champ de vecteurs défini pour tout point a ∈ Ω d'un domaine Ω de l’espace R3. Montrer que le champ vectoriel M : P → M(P) = ∫Ω PA ∧ f(a) da est un torseur qu’on note Cf = (R, M), et qu’il est donné par : R = ∫Ω f(a) da et M(P) = ∫Ω PA ∧ f(a) da.
- Montrer qu’un torseur C = (R, U) non nul est un couple si et seulement si son champ de moments est uniforme.
Solution Exercice 2
1) Implication directe : Supposons que le torseur C = (R, U) est nul. Cela signifie que U(P) = 0 pour tout point P ∈ R3. D'après la formule de distribution des moments, U(P) = U(Q) + R ∧ QP pour tout couple (P, Q) ∈ R3 × R3. Puisque U(P) = U(Q) = 0, il s'ensuit que R ∧ QP = 0. Le vecteur R étant parallèle à tout vecteur QP, il vérifie nécessairement R = 0. Donc, on a bien : R = 0 et ∃ C / U(C) = 0 (cette dernière condition est alors vérifiée pour tous les points de R3).
Implication réciproque : Supposons que le torseur C = (R, U) est tel que R = 0 et ∃ C / U(C) = 0. Soit P ∈ R3. Par la formule de distribution, on a : U(P) = U(C) + R ∧ CP = 0 + 0 ∧ CP = 0. Donc, U(P) = 0 pour tout P ∈ R3, ce qui signifie que le torseur C = (R, U) est nul.
2) Implication directe : Supposons que C1 = C2. Alors U1(P) = U2(P) pour tout point P ∈ R3. Le torseur C = C1 - C2 est donc nul. D’après la question 1, cela signifie que sa résultante est nulle et son moment est nul en un point C. C'est-à-dire : R1 - R2 = 0 et ∃ C / (U1 - U2)(C) = 0. D'où : R1 = R2 et ∃ C / U1(C) = U2(C).
Implication réciproque : Supposons que R1 = R2 et ∃ C / U1(C) = U2(C). Soit P ∈ R3. Par la formule de distribution, on a : U1(P) = U1(C) + R1 ∧ CP. Puisque U1(C) = U2(C) et R1 = R2, on peut écrire U1(P) = U2(C) + R2 ∧ CP, ce qui est égal à U2(P) par la formule de distribution appliquée à C2. Donc U1(P) = U2(P) pour tout point P ∈ R3. Cela signifie que C1 = C2.
3) Soit F un vecteur lié d’origine A (F ≠ 0). Montrons que le champ vectoriel (moment) M : P → M(P) = PA ∧ F est un torseur.
Soit (P, Q) ∈ R3 × R3. On a : M(P) = PA ∧ F. En utilisant la relation de Chasles, PA = PQ + QA. Donc, M(P) = (PQ + QA) ∧ F = PQ ∧ F + QA ∧ F. On reconnaît M(Q) = QA ∧ F. La formule devient M(P) = F ∧ PQ + M(Q). D'où M(P) = M(Q) + F ∧ QP, qui est la propriété fondamentale qui caractérise un torseur. Ce torseur particulier est noté CF = (F, M), où F est la résultante et M est le moment en un point donné.
Montrons que ce torseur est un glisseur.
Un torseur est un glisseur si son moment est nul en au moins un point de son support. Pour le torseur CF = (F, M), nous avons M(A) = AA ∧ F = 0. Comme F ≠ 0 et M(A) = 0, le torseur CF est un glisseur. On peut le représenter sous la forme CF = (A, F).
4) Soit f(a) un champ de vecteurs défini pour tout point a ∈ Ω d'un domaine Ω de l’espace R3. Montrons que le champ vectoriel M : P → M(P) = ∫Ω PA ∧ f(a) da est un torseur.
Soit (P, Q) ∈ R3 × R3. On a : M(P) = ∫Ω PA ∧ f(a) da. En utilisant la relation de Chasles, PA = PQ + QA. Donc :
M(P) = ∫Ω (PQ + QA) ∧ f(a) da = ∫Ω PQ ∧ f(a) da + ∫Ω QA ∧ f(a) da
M(P) = PQ ∧ (∫Ω f(a) da) + ∫Ω QA ∧ f(a) da
Soit R = ∫Ω f(a) da (la résultante générale du système de vecteurs). Alors M(P) = R ∧ PQ + M(Q). D'où M(P) = M(Q) + R ∧ QP, ce qui est la propriété fondamentale d'un torseur. Ce torseur est noté Cf = (R, M).
Remarque : le torseur Cf n’est pas nécessairement un glisseur (voir exercice 5).
5) Implication directe : Supposons que C = (R, U) est un couple non nul. Par définition, R = 0 et le moment U est non nul et uniforme. Soit P ∈ R3, avec A un point fixe quelconque, alors U(P) = U(A) (puisque R = 0, la formule de distribution U(P) = U(A) + R ∧ AP devient U(P) = U(A)). Donc, le champ U est uniforme et non nul.
Implication réciproque : Supposons que le champ de moments U est uniforme et non nul. Soit A un point fixe et P ∈ R3 un point quelconque. Alors la relation de distribution permet d’écrire : U(P) = U(A) + R ∧ AP. Puisque U(P) = U(A) (champ uniforme), on en déduit que R ∧ AP = 0 pour tout vecteur AP. Le vecteur R est donc parallèle à tous les vecteurs de R3, il est donc nécessairement nul (R = 0). Le champ U définit ainsi un torseur (0, U) qui, par définition, est un couple (car U est non nul).
Exercice 3
Soient C = (R, U) et C' = (R', U') deux torseurs donnés. Montrer que : C = C' ⇔ ∃ P1, P2, P3 (3 points non alignés) tels que : U(Pi) = U'(Pi) pour i = 1, 2, 3.
Solution Exercice 3
Implication directe : Supposons que C = C'. Alors R = R' et U(P) = U'(P) pour tout P ∈ R3. L'égalité étant vérifiée pour tous les points P ∈ R3, elle est en particulier vraie pour trois points non alignés P1, P2, P3.
Implication réciproque : Supposons qu’il existe trois points P1, P2, P3 non alignés pour lesquels U(Pi) = U'(Pi) pour i = 1, 2, 3. Utilisons la formule de distribution pour P1 et P3 : U(P3) = U(P1) + R ∧ P1P3. De même, U'(P3) = U'(P1) + R' ∧ P1P3. Puisque U(P1) = U'(P1) et U(P3) = U'(P3), on obtient : R ∧ P1P3 = R' ∧ P1P3, ce qui peut s'écrire (R - R') ∧ P1P3 = 0.
De même, pour P1 et P2 : U(P2) = U(P1) + R ∧ P1P2, et U'(P2) = U'(P1) + R' ∧ P1P2. On obtient alors (R - R') ∧ P1P2 = 0.
Le vecteur (R - R') est donc parallèle à P1P3 et à P1P2. Puisque les trois points P1, P2, P3 sont non alignés, les vecteurs P1P2 et P1P3 sont non colinéaires. Par conséquent, le vecteur (R - R') doit être nul, c'est-à-dire R = R'.
Comme les torseurs C et C' ont la même résultante R et coïncident en un point (en fait ici en trois points), ils sont identiques (d’après la question 2 de l’exercice 2).
Exercice 4
On se donne deux glisseurs (A, V) et (A', V') tels que A = (1, 1, α), A' = (0, 2, 0), V = (0, 0, α) et V' = (β, 3, 0), où α et β sont deux réels. Soit C la somme de ces glisseurs : C = (A, V) + (A', V').
- Donner les éléments de réduction de C en O.
- Quelle est la condition nécessaire et suffisante pour que C soit un glisseur ?
- Déterminer l’axe central de C.
Solution Exercice 4
1) Calcul des éléments de réduction en O (l'origine du repère).
Soit C = (R, U) le torseur somme. La résultante R est la somme des vecteurs :
R = V + V' = (0, 0, α) + (β, 3, 0) = (β, 3, α)
Le moment en O, U(O), s’obtient par l'addition des moments des deux glisseurs en O. Pour un glisseur (X, V), le moment en O est OX ∧ V.
U(O) = OA ∧ V + OA' ∧ V'
Avec OA = (1, 1, α) et V = (0, 0, α), on a :
OA ∧ V = (1, 1, α) ∧ (0, 0, α) = (1·α - α·0, α·0 - 1·α, 1·0 - 1·0) = (α, -α, 0)
Avec OA' = (0, 2, 0) et V' = (β, 3, 0), on a :
OA' ∧ V' = (0, 2, 0) ∧ (β, 3, 0) = (2·0 - 0·3, 0·β - 0·0, 0·3 - 2·β) = (0, 0, -2β)
D’où U(O) = (α, -α, 0) + (0, 0, -2β) = (α, -α, -2β).
Les éléments de réduction du torseur C en O sont donc R = (β, 3, α) et U(O) = (α, -α, -2β).
2) Condition nécessaire et suffisante pour que C soit un glisseur.
Un torseur C est un glisseur si et seulement si son invariant scalaire I = R · U(O) est nul, et que sa résultante R est non nulle.
R = (β, 3, α) ≠ (0, 0, 0) puisque la composante en y est 3, donc la résultante est toujours non nulle.
Calculons l'invariant scalaire I :
I = R · U(O) = (β, 3, α) · (α, -α, -2β)
I = β·α + 3·(-α) + α·(-2β)
I = αβ - 3α - 2αβ
I = -αβ - 3α = -α(β + 3)
Le torseur C est un glisseur si I = 0, c'est-à-dire si -α(β + 3) = 0. Cela est vérifié si α = 0 ou β = -3.
Conclusion : Le torseur C est un glisseur si et seulement si α = 0 ou β = -3.
3) Déterminer l’axe central de C.
Puisque R = (β, 3, α) est non nul, l'axe central existe.
L'axe central Δ est l'ensemble des points P(x, y, z) tels que U(P) est parallèle à R. C'est-à-dire U(P) = kR pour un scalaire k ∈ R.
La formule de distribution des moments nous donne U(P) = U(O) + R ∧ OP.
Donc, kR = U(O) + R ∧ OP.
En remplaçant les vecteurs :
k(β, 3, α) = (α, -α, -2β) + (β, 3, α) ∧ (x, y, z)
Le produit vectoriel R ∧ OP est : (3z - αy, αx - βz, βy - 3x)
Donc, k(β, 3, α) = (α + 3z - αy, -α + αx - βz, -2β + βy - 3x)
Cela donne le système d'équations :
kβ = α + 3z - αy (1)
k·3 = -α + αx - βz (2)
kα = -2β + βy - 3x (3)
Pour éliminer k, on peut écrire :
(α + 3z - αy) / β = (-α + αx - βz) / 3 = (-2β + βy - 3x) / α
Ces égalités définissent l'axe central. Par exemple, à partir des deux premières égalités (si β ≠ 0 et 3 ≠ 0) :
3(α + 3z - αy) = β(-α + αx - βz)
3α + 9z - 3αy = -αβ + αβx - β2z
Ce qui peut être réarrangé en : αβx + 3αy + (9 + β2)z = 3α + αβ
Et des deux dernières (si 3 ≠ 0 et α ≠ 0) :
α(-α + αx - βz) = 3(-2β + βy - 3x)
-α2 + α2x - αβz = -6β + 3βy - 9x
Ce qui peut être réarrangé en : (α2 + 9)x - 3βy - αβz = α2 - 6β
Ces deux équations cartésiennes définissent l'axe central Δ.
Exercice 5
Soient A, B et C trois points dont les coordonnées, dans le repère orthonormé R0(O; x0, y0, z0), sont données par A(ap, aq, 0), B(-aq, ap, 0) et C(0, 0, a) où a, p et q sont des constantes scalaires connues tels que a > 0, p ≠ 0 et p2 + q2 = 1.
On considère le torseur C = (R, M) tel que :
- M(A) · ez = 0 et M(A) · ey = apq
- M(B) · ez = a et M(B) · ex = apq
- M(C) · ey = -a(p - q)2 et M(C) · ex = -a(q + p)
- Déterminer la résultante R de C.
- Compléter la détermination des moments M(A), M(B) et M(C).
Solution Exercice 5
1) Détermination de la résultante R = (Rx, Ry, Rz).
Les égalités suivantes proviennent de la relation de distribution des moments : M(B) = M(A) + R ∧ AB, M(C) = M(A) + R ∧ AC et M(A) = M(B) + R ∧ BA. Ces relations conduisent aux équations suivantes pour les composantes de R et les moments inconnus :
M(A) = (M(A)x, apq, 0)
M(B) = (apq, M(B)y, a)
M(C) = (-a(q+p), -a(p-q)2, M(C)z)
En établissant les relations entre ces moments et la résultante R, on obtient un système d'équations. Parmi les équations dérivées, trois ne font pas intervenir les composantes inconnues des moments :
Ry + pRz = q
Rx + pRz = p
-(p - q)Rx + (p + q)Ry = 1
Ce système peut être résolu en substituant Rx et Ry par leurs expressions en fonction de Rz dans la troisième équation. À partir des deux premières, on a :
Ry = q - pRz
Rx = p - pRz
En substituant ces expressions dans la troisième équation, et après simplification (rappelons que p2 + q2 = 1), on trouve :
-2p2Rz = 0
Comme p ≠ 0, il s'ensuit que Rz = 0.
En utilisant Rz = 0 dans les expressions de Rx et Ry :
Rx = p
Ry = q
Donc, la résultante est R = (p, q, 0).
2) Compléter la détermination des moments M(A), M(B) et M(C).
En utilisant R = (p, q, 0) et les équations dérivées des relations de distribution :
Pour M(A) : M(A)x est obtenue par M(A)x = M(B)x - R ∧ BA · ex. En utilisant les relations de distribution et les composantes données, on trouve M(A)x = apq.
Donc M(A) = (apq, apq, 0).
Pour M(B) : M(B)y est obtenue par M(B)y = M(A)y - R ∧ AB · ey. En utilisant les relations de distribution et les composantes données, on trouve M(B)y = apq.
Donc M(B) = (apq, apq, a).
Pour M(C) : M(C)z est obtenue par M(C)z = M(A)z - R ∧ AC · ez. M(C)z = 0 - (Rx(Cy-Ay) - Ry(Cx-Ax)). Compte tenu de Rz=0, on obtient : M(C)z = -aqRx + apRy = -aq(p) + ap(q) = -apq + apq = 0.
Donc M(C) = (-a(q + p), -a(p - q)2, 0).
Exercice 6
Dans un repère R0(O; x0, y0, z0), on considère les trois glisseurs définis par les trois vecteurs liés suivants :
- V1 = (1, 0, -1) d'origine A = (1, 0, 0)
- V2 = (1, 2, 2) d'origine B = (0, 1, 0)
- V3 = (λ, μ, ν) d'origine C = (0, 0, 1)
Soit C la somme de ces glisseurs.
- Déterminer λ, μ, ν pour que C soit un couple et trouver son moment.
- Quelle relation doit relier λ, μ, ν pour que C soit un glisseur ?
- Déterminer μ, ν en fonction de λ pour que le support du glisseur C passe par le point D = (1/3, 1, 4/3).
- Dans le cas où (λ, μ, ν) = (-2, 0, -1), trouver l’équation de l’axe central de C.
Solution Exercice 6
1) Déterminer λ, μ, ν pour que C soit un couple et trouver son moment.
Un torseur C est un couple si et seulement si sa résultante R est nulle (R = 0) et son moment en un point P est non nul (U(P) ≠ 0).
La résultante R est la somme des vecteurs : R = V1 + V2 + V3 = (1+1+λ, 0+2+μ, -1+2+ν) = (2+λ, 2+μ, 1+ν).
Pour que R = 0, il faut que :
2 + λ = 0 ⇒ λ = -2
2 + μ = 0 ⇒ μ = -2
1 + ν = 0 ⇒ ν = -1
Ainsi, C est un couple si (λ, μ, ν) = (-2, -2, -1).
Le moment du couple est constant en tout point. Calculons-le au point O : U(O) = OA ∧ V1 + OB ∧ V2 + OC ∧ V3.
- OA ∧ V1 = (1, 0, 0) ∧ (1, 0, -1) = (0, 1, 0)
- OB ∧ V2 = (0, 1, 0) ∧ (1, 2, 2) = (2, 0, -1)
- OC ∧ V3 = (0, 0, 1) ∧ (-2, -2, -1) = (2, -2, 0)
U(O) = (0, 1, 0) + (2, 0, -1) + (2, -2, 0) = (4, -1, -1).
Le moment du couple est (4, -1, -1).
2) Quelle relation doit relier λ, μ, ν pour que C soit un glisseur ?
Un torseur C est un glisseur si et seulement si son invariant scalaire I = R · U(O) est nul, et que sa résultante R est non nulle.
R = (2+λ, 2+μ, 1+ν). R ≠ 0 si (λ, μ, ν) ≠ (-2, -2, -1).
U(O) = OA ∧ V1 + OB ∧ V2 + OC ∧ V3. Les deux premiers termes sont constants.
- OA ∧ V1 = (0, 1, 0)
- OB ∧ V2 = (2, 0, -1)
- OC ∧ V3 = (0, 0, 1) ∧ (λ, μ, ν) = (-μ, λ, 0)
U(O) = (0, 1, 0) + (2, 0, -1) + (-μ, λ, 0) = (2-μ, 1+λ, -1).
I = R · U(O) = (2+λ, 2+μ, 1+ν) · (2-μ, 1+λ, -1)
I = (2+λ)(2-μ) + (2+μ)(1+λ) + (1+ν)(-1)
I = (4 - 2μ + 2λ - λμ) + (2 + 2λ + μ + λμ) + (-1 - ν)
I = 4 - 2μ + 2λ - λμ + 2 + 2λ + μ + λμ - 1 - ν
I = 5 + 4λ - μ - ν
Le torseur C est un glisseur si I = 0, c'est-à-dire si 5 + 4λ - μ - ν = 0. La relation est ν = 5 + 4λ - μ.
Condition : ν = 5 + 4λ - μ et (λ, μ, ν) ≠ (-2, -2, -1).
3) Déterminer μ, ν en fonction de λ pour que le support du glisseur C passe par le point D = (1/3, 1, 4/3).
Le support du torseur passe par le point D si et seulement si le moment en D est nul : U(D) = 0.
Par la relation de distribution des torseurs, U(D) = U(O) + R ∧ OD.
OD = (1/3, 1, 4/3).
R = (2+λ, 2+μ, 1+ν).
U(O) = (2-μ, 1+λ, -1).
R ∧ OD = (2+λ, 2+μ, 1+ν) ∧ (1/3, 1, 4/3)
= [(2+μ)(4/3) - (1+ν)·1, (1+ν)(1/3) - (2+λ)(4/3), (2+λ)·1 - (2+μ)(1/3)]
= [8/3 + 4μ/3 - 1 - ν, 1/3 + ν/3 - 8/3 - 4λ/3, 2 + λ - 2/3 - μ/3]
= [5/3 + 4μ/3 - ν, -7/3 - 4λ/3 + ν/3, 4/3 + λ - μ/3]
U(D) = (2-μ, 1+λ, -1) + [5/3 + 4μ/3 - ν, -7/3 - 4λ/3 + ν/3, 4/3 + λ - μ/3]
Les composantes de U(D) sont :
U(D)x = (2-μ) + 5/3 + 4μ/3 - ν = 11/3 + μ/3 - ν
U(D)y = (1+λ) - 7/3 - 4λ/3 + ν/3 = -4/3 - λ/3 + ν/3
U(D)z = (-1) + 4/3 + λ - μ/3 = 1/3 + λ - μ/3
Pour U(D) = 0, nous avons le système d'équations :
11/3 + μ/3 - ν = 0 (1) ⇒ 11 + μ - 3ν = 0
-4/3 - λ/3 + ν/3 = 0 (2) ⇒ -4 - λ + ν = 0
1/3 + λ - μ/3 = 0 (3) ⇒ 1 + 3λ - μ = 0
En résolvant ce système :
De (2), on tire ν = 4 + λ.
De (3), on tire μ = 1 + 3λ.
Vérifions avec (1) : 11 + (1 + 3λ) - 3(4 + λ) = 11 + 1 + 3λ - 12 - 3λ = 0. Le système est cohérent.
Les relations sont donc : μ = 1 + 3λ et ν = 4 + λ.
4) Dans le cas où (λ, μ, ν) = (-2, 0, -1), trouver l’équation de l’axe central de C.
Avec (λ, μ, ν) = (-2, 0, -1) :
R = (2+λ, 2+μ, 1+ν) = (2-2, 2+0, 1-1) = (0, 2, 0).
U(O) = (2-μ, 1+λ, -1) = (2-0, 1-2, -1) = (2, -1, -1).
L'invariant scalaire I = R · U(O) = (0, 2, 0) · (2, -1, -1) = 0·2 + 2·(-1) + 0·(-1) = -2.
Puisque R est non nul (R = (0, 2, 0) ≠ (0, 0, 0)) et I ≠ 0, le torseur C est une clé (ou un torseur quelconque), et non un glisseur dans ce cas. L'axe central existe toujours.
L'axe central Δ est l'ensemble des points P(x, y, z) tels que U(P) est parallèle à R. C'est-à-dire U(P) = kR pour un scalaire k ∈ R. On peut aussi écrire U(P) ∧ R = 0.
U(P) = U(O) + R ∧ OP = (2, -1, -1) + (0, 2, 0) ∧ (x, y, z)
(0, 2, 0) ∧ (x, y, z) = (2z - 0y, 0x - 0z, 0y - 2x) = (2z, 0, -2x)
U(P) = (2, -1, -1) + (2z, 0, -2x) = (2 + 2z, -1, -1 - 2x).
Maintenant, U(P) ∧ R = 0 :
(2 + 2z, -1, -1 - 2x) ∧ (0, 2, 0) = (0, 0, 0)
La composante x : (-1)·0 - (-1 - 2x)·2 = 2(1 + 2x) = 2 + 4x.
La composante y : (-1 - 2x)·0 - (2 + 2z)·0 = 0.
La composante z : (2 + 2z)·2 - (-1)·0 = 2(2 + 2z) = 4 + 4z.
Pour U(P) ∧ R = 0, il faut :
2 + 4x = 0 ⇒ x = -2/4 = -1/2
4 + 4z = 0 ⇒ z = -1
L'axe central est donc la droite d'équations x = -1/2 et z = -1. C'est une droite parallèle à l'axe des y (direction de R).
Exercice 7
On considère, dans le repère orthonormé R0(O; x0, y0, z0), les torseurs C1 et C2 dont les éléments de réduction en O sont respectivement :
C1: {R1 = (cosα, -sinα, 0); U1(O) = (-a sinα, a cosα, 0)}
C2: {R2 = (cosα, sinα, 0); U2(O) = (-a sinα, a cosα, 0)}
où a et α sont des constantes non nulles données, avec α ∈ [0, π].
- Préciser la nature de C1 et C2.
- Soit C = λ1C1 + λ2C2 où λ1, λ2 sont deux réels. Trouver l’invariant scalaire I de C, le comoment de C1 et C2, et trouver une relation entre I et ce comoment.
- Définir l’axe central de C. Préciser cet axe lorsque λ1 = λ2, puis lorsque λ1 = -λ2.
Solution Exercice 7
1) Préciser la nature de C1 et C2.
Un torseur est un glisseur si son invariant scalaire est nul (I = R · U(O) = 0) et sa résultante est non nulle.
Pour C1 : R1 = (cosα, -sinα, 0). R1 ≠ (0, 0, 0) car α ∈ [0, π] et n'admet pas de point où cosα et sinα sont nuls simultanément.
I1 = R1 · U1(O) = (cosα)(-a sinα) + (-sinα)(a cosα) + 0·0 = -a sinα cosα - a sinα cosα = -2a sinα cosα = -a sin(2α).
C1 est un glisseur si I1 = 0, ce qui implique -a sin(2α) = 0. Puisque a ≠ 0, sin(2α) = 0. Avec α ∈ [0, π], cela signifie 2α = 0 ou 2α = π ou 2α = 2π, d'où α = 0, α = π/2 ou α = π.
Pour C2 : R2 = (cosα, sinα, 0). R2 ≠ (0, 0, 0) pour la même raison que R1.
I2 = R2 · U2(O) = (cosα)(-a sinα) + (sinα)(a cosα) + 0·0 = -a sinα cosα + a sinα cosα = 0.
Puisque R2 ≠ (0, 0, 0) et I2 = 0, le torseur C2 est toujours un glisseur.
2) Soit C = λ1C1 + λ2C2 où λ1, λ2 sont deux réels. Trouver l’invariant scalaire I de C, le comoment de C1 et C2, et trouver une relation entre I et ce comoment.
Invariant scalaire de C : I = R · U(O), avec R = λ1R1 + λ2R2 et U(O) = λ1U1(O) + λ2U2(O).
R = λ1(cosα, -sinα, 0) + λ2(cosα, sinα, 0) = ((λ1+λ2)cosα, (-λ1+λ2)sinα, 0).
U(O) = λ1(-a sinα, a cosα, 0) + λ2(-a sinα, a cosα, 0) = (-a(λ1+λ2)sinα, a(λ1+λ2)cosα, 0).
I = R · U(O) = ((λ1+λ2)cosα)(-a(λ1+λ2)sinα) + ((-λ1+λ2)sinα)(a(λ1+λ2)cosα)
I = -a(λ1+λ2)2cosα sinα + a(λ1+λ2)(λ2-λ1)sinα cosα
I = a(λ1+λ2)cosα sinα [ -(λ1+λ2) + (λ2-λ1) ]
I = a(λ1+λ2)cosα sinα [ -2λ1 ] = -2aλ1(λ1+λ2)cosα sinα = -aλ1(λ1+λ2)sin(2α).
Comoment de C1 et C2 : Par définition, C(C1, C2) = R1 · U2(O) + R2 · U1(O).
R1 · U2(O) = (cosα, -sinα, 0) · (-a sinα, a cosα, 0) = -a cosα sinα - a sinα cosα = -2a sinα cosα.
R2 · U1(O) = (cosα, sinα, 0) · (-a sinα, a cosα, 0) = -a cosα sinα + a sinα cosα = 0.
Donc, C(C1, C2) = -2a sinα cosα = -a sin(2α).
Relation entre I et ce comoment : I = λ1(λ1+λ2) C(C1, C2).
3) Axe central du torseur C.
L'axe central Δ est l'ensemble des points P(x, y, z) tels que U(P) est parallèle à R. C'est-à-dire U(P) = kR pour un scalaire k ∈ R.
U(P) = U(O) + R ∧ OP.
U(O) = (-a(λ1+λ2)sinα, a(λ1+λ2)cosα, 0)
R = ((λ1+λ2)cosα, (-λ1+λ2)sinα, 0)
R ∧ OP = ((λ1+λ2)cosα, (-λ1+λ2)sinα, 0) ∧ (x, y, z)
R ∧ OP = ((-λ1+λ2)z sinα, -(λ1+λ2)z cosα, (λ1+λ2)y cosα - (-λ1+λ2)x sinα)
Cas λ1 = λ2 :
Alors R = (2λ1cosα, 0, 0).
U(O) = (-2aλ1sinα, 2aλ1cosα, 0).
L'axe central est U(P) = kR.
U(P) = U(O) + R ∧ OP = (-2aλ1sinα, 2aλ1cosα, 0) + (2λ1cosα, 0, 0) ∧ (x, y, z)
R ∧ OP = (0, 2λ1z cosα, -2λ1y cosα)
U(P) = (-2aλ1sinα, 2aλ1cosα + 2λ1z cosα, -2λ1y cosα).
U(P) = kR = (2kλ1cosα, 0, 0).
Comparaison des composantes :
-2aλ1sinα = 2kλ1cosα
2aλ1cosα + 2λ1z cosα = 0
-2λ1y cosα = 0
Si λ1 ≠ 0 et cosα ≠ 0 (c'est-à-dire α ≠ π/2) :
De la 2ème équation : a + z = 0 ⇒ z = -a.
De la 3ème équation : y = 0.
L'axe central est la droite d'équations y = 0 et z = -a. C'est une droite parallèle à l'axe des x.
Si α = π/2 : R = (0, 0, 0). Le torseur est un couple (son moment U(O) = (-2aλ1, 0, 0) est non nul si a et λ1 sont non nuls). L'axe central n'est pas défini comme une droite support.
Cas λ1 = -λ2 :
Alors R = (0, -2λ1sinα, 0).
U(O) = (0, 0, 0).
U(P) = U(O) + R ∧ OP = (0, 0, 0) + (0, -2λ1sinα, 0) ∧ (x, y, z)
R ∧ OP = (-2λ1z sinα, 0, 2λ1x sinα)
U(P) = (-2λ1z sinα, 0, 2λ1x sinα).
Pour U(P) = kR :
-2λ1z sinα = 0
0 = k(-2λ1sinα)
2λ1x sinα = 0
Si λ1 ≠ 0 et sinα ≠ 0 (c'est-à-dire α ≠ 0, π) :
De la 1ère équation : z = 0.
De la 3ème équation : x = 0.
L'axe central est la droite d'équations x = 0 et z = 0. C'est l'axe des y.
Si α = 0 ou α = π : R = (0, 0, 0) et U(O) = (0,0,0). Le torseur est alors le torseur nul.
FAQ
Qu'est-ce qu'un torseur en mécanique ?
Un torseur est un outil mathématique qui permet de modéliser l'ensemble des actions mécaniques (forces et moments) exercées sur un corps rigide. Il est défini par une résultante (la somme vectorielle des forces) et un moment résultant en un point donné. Le champ des moments d'un torseur obéit à une loi de variation spécifique d'un point à l'autre de l'espace. Il caractérise ainsi complètement l'état des actions mécaniques.
Quelle est la différence entre un glisseur et un couple ?
Un glisseur est un torseur dont la résultante est non nulle et dont l'invariant scalaire (le produit scalaire de la résultante par le moment en un point) est nul. Cela signifie qu'il existe une droite, appelée axe central ou support du glisseur, où le moment du torseur est nul. Son action est équivalente à une force unique appliquée le long de cet axe.
Un couple est un torseur dont la résultante est nulle (R = 0), mais dont le moment résultant est non nul et constant en tout point de l'espace. Un couple ne peut pas être réduit à une seule force et ne possède pas d'axe central. Son effet est purement rotatif.
Comment détermine-t-on l'axe central d'un torseur ?
L'axe central d'un torseur est l'ensemble des points où le moment du torseur est parallèle à sa résultante. Pour un torseur C = (R, U) avec une résultante R non nulle, l'axe central est la droite passant par un point P0 et de direction R. Un point P0 sur l'axe central peut être déterminé par la formule vectorielle O&vec;P0 = (U(O) ∧ R) / ||R||2 + kR (pour un glisseur le moment en O est U(O), l'axe est la droite passant par P0). L'équation de l'axe central est souvent obtenue en écrivant que le moment en un point P(x, y, z) est colinéaire à la résultante R, soit U(P) ∧ R = 0. Dans le cas d'un glisseur, le moment en tout point de l'axe central est nul. Dans le cas d'une clé (torseur quelconque), le moment sur l'axe central est égal au moment minimal, qui est parallèle à R.